Emmanuel Macron a annoncé son départ pour la Nouvelle-Calédonie dès ce mardi.
Le président, dont l'annonce a surpris tout le monde, veut y installer lui-même "une mission".
Sur place, la situation n'est pas encore revenue à la normale, et la fermeture de l'aéroport aux vols commerciaux a été prolongée.

En annonçant son départ dès mardi soir pour la Nouvelle-Calédonie, Emmanuel Macron a choisi de reprendre directement en main le dossier calédonien. Ce dernier avait été confié à Beauvau, puis il y a quelques jours à Matignon. Le président de la République a surpris son Conseil des ministres ce mardi, en lui apprenant son départ "sur place dès ce soir", "pour y installer une mission", ainsi que l'a fait savoir la porte-parole du gouvernement Prisca Thevenot après cette réunion à l'Élysée.

Une situation "en voie de se normaliser" ?

 L'entourage du chef de l'État a ensuite expliqué à l'AFP les raisons de ce voyage inattendu dans le contexte d'une reprise du terrain encore laborieuse : "Il y va pour écouter, échanger, discuter avec les élus calédoniens", mais aussi "pour soutenir les Calédoniens et les forces de sécurité intérieure qui sont mobilisées pour rétablir l'ordre républicain"

Un millier de policiers et de gendarmes ont été envoyés en renfort dans le territoire d'outre-mer, où l'on déplore six morts, dont deux gendarmes, depuis le début de la crise il y a une semaine. Le retour à l'ordre reste la priorité affichée par l'exécutif, qui assure par la voix de Prisca Thevenot que la situation "est en voie de se normaliser". La veille, le Premier ministre Gabriel Attal déclarait pourtant qu'il restait "du chemin avant le retour à la normale". L'aéroport de Nouméa, dont la réouverture aux vols commerciaux était prévue ce jeudi, devrait encore rester fermé au moins jusqu'à samedi.

État d'urgence

De ce fait, la question d'une prolongation de l'état d'urgence en vigueur dans l'archipel, suggérée notamment par la maire (Renaissance) de Nouméa, Sonia Lagarde, "n'a pas été abordée en Conseil des ministres". Pas plus qu'un éventuel report de la réforme contestée du corps électoral local, qui a mis le feu aux poudres. En partie à cause de l'ultimatum fixé par M. Macron, qui souhaitait un vote définitif du Congrès "avant la fin juin", à défaut d'accord entre indépendantistes et loyalistes. 

Selon son entourage, le président "apportera à l'issue de son déplacement les réponses aux nombreuses questions légitimes que se posent les Calédoniens, tant sur le volet de la reconstruction que sur le volet politique". C'est à ce moment-là qu'il doit annoncer cette "mission", laquelle devrait être confiée à des hauts fonctionnaires plutôt qu'à des personnalités politiques de haut rang. 

La visite sur place se concentrera sur la journée de jeudi, compte tenu du long trajet jusqu'à Nouméa, et des conditions de sécurité encore précaires sur place. "Si le président de la République s'apprête à faire autant de kilomètres", "c'est parce qu'il croit que sa présence physique pour inciter les uns et les autres à dialoguer peut être utile", a dit à la presse un membre de son 

entourage. 

Ce "déplacement du plus haut niveau de l'État" est salué par le député calédonien Philippe Dunoyer (Renaissance), qui y voit "une initiative très forte" et se réjouit de "l'installation de cette mission" réclamée par la plupart des forces politiques françaises. Le chef de l'État "doit désormais prendre ses responsabilités et tout faire pour retrouver le chemin du dialogue", a insisté Arthur Delaporte au nom des députés socialistes, qui appellent toujours à "suspendre le calendrier d'examen de la réforme constitutionnelle"


F.Se avec l'AFP

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