Gérard Darmanin en Nouvelle-Calédonie pour discuter du futur statut de l'archipel

J.F avec AFP
Publié le 28 novembre 2022 à 14h30
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Source : JT 20h WE

Le ministre de l'Intérieur et des Outre-mer Gérald Darmanin arrive ce lundi en Nouvelle-Calédonie, où il restera six jours.
Il doit discuter de l'avenir institutionnel de l'archipel, et tentera notamment de renouer le dialogue avec les indépendantistes.

La durée du déplacement de Gérald Darmanin en Nouvelle-Calédonie, six jours, atteste de l'importance du sujet. Le ministre de l'Intérieur et des Outre-mer est attendu ce lundi à Nouméa, et restera dans l'archipel jusqu'à ce samedi 3 décembre. Accompagné pendant les trois premiers jours de sa visite de son ministre délégué aux Outre-mer Jean-François Carenco, il doit poursuivre les discussions autour de l'avenir institutionnel du territoire, notamment avec les indépendantistes qui avaient boycotté des rendez-vous à Paris il y a un mois, mais qui ont accepté de le rencontrer.  

Les différents partis composant le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) ont en effet décidé de participer à des réunions bilatérales avec l'Etat, alors que le dialogue est rompu avec eux depuis plus d'un an. Parmi leurs griefs passés : le passage éclair de Yaël Braun-Pivet au ministère des Outre-mer, l'annulation d'un premier déplacement de Gérald Darmanin en juillet et la visite en demi-teinte de Jean-François Carenco en septembre qui avait échoué à convaincre les indépendantistes de faire le déplacement à Paris. En rouvrant le dialogue, les indépendantistes ne souhaitent réclamer qu'une chose : l'indépendance, assortie d'un éventuel partenariat avec la France. 

Loyalistes et indépendantistes souhaitent que l'Etat prenne position

Du côté des loyalistes, on réclame la confirmation par l'Etat le statut définitif de "Nouvelle-Calédonie dans la France", légitimé selon eux par leur victoire aux trois référendums d'autodétermination prévus par l'accord de Nouméa de 1998 et qui se sont tenus en 2018, 2020 et 2021. Ils se sont soldés par le rejet de l'indépendance, mais le dernier est contesté par le camp indépendantiste. Ils avaient d'ailleurs boycotté le scrutin du 12 décembre 2021 en raison de la crise Covid, contestent le résultat de ce troisième référendum remporté à 96,5% par les partisans de la France, mais avec une participation de seulement 43,8% contre 85,69% en 2020 et 81,01% en 2018.

Loyalistes et indépendantistes se retrouvent sur une chose : ils veulent que l'Etat sorte d'une supposée neutralité et prenne position, mais cela entraînerait le départ d'un des protagonistes de la table des discussions.

Gérald Darmanin a indiqué que de "nouvelles institutions avec des compétences nouvelles, ou partagées, pouvaient être envisagées". La Nouvelle-Calédonie dispose déjà d'une très forte autonomie au sein de la République française. Le territoire a bénéficié depuis 1998 du transfert ou du partage de toutes les compétences à l'exception des compétences régaliennes touchant à la souveraineté : justice, ordre public, défense, monnaie, affaires étrangères. Le transfert de ces compétences est la ligne rouge qui sépare l'autonomie au sein de la République de l'accession au statut d'Etat indépendant.

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Des difficultés économiques

Gérald Darmanin sera aussi interrogé sur l'aide que la France peut apporter à un territoire quasi exsangue, malgré les réformes engagées par le président indépendantiste Louis Mapou. A son arrivée, la fonction publique sera en grève pour la revalorisation du point d'indice face à une inflation de près de 10% en un an. Deux entreprises sont également au bord de la cessation de paiement : la Société Le nickel (SLN), premier employeur privé du pays, et Enercal, société d'économie mixte en charge du réseau électrique du territoire. Ces dossiers sont du ressort de la Nouvelle-Calédonie, mais l'archipel est surendetté et ne peut faire face seul.


J.F avec AFP

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