Emmanuel Macron a invité les forces politiques calédoniennes à se mettre d'accord sur un accord institutionnel, sans quoi il convoquerait le Congrès à Versailles "avant la fin juin".
Mais de nombreuses voix s'élèvent pour lui demander de prendre plus de temps et de le reporter pour favoriser le dialogue.
La majorité pourrait s'y résoudre, notamment parce qu'elle pourrait se trouver en difficulté pour faire adopter son texte.

Mardi dernier l'Assemblée nationale adoptait la réforme du corps électoral de Nouvelle-Calédonie contestée par les indépendantistes. Dans la foulée, alors que l'archipel connaissait déjà des émeutes en protestation à cette révision constitutionnelle, Emmanuel Macron invitait les forces politiques de Nouvelle-Calédonie à trouver un accord institutionnel sans quoi il convoquerait le Congrès "avant la fin juin". Une étape nécessaire pour adopter définitivement la réforme, déjà votée au Sénat et à l'Assemblée nationale. Mais face au tollé que continue de susciter le texte et à la situation sur place, des voix s'élèvent pour demander au chef de l'État de prendre son temps et de ne pas réunir les parlementaires français au château de Versailles d'ici quelques semaines.

Aujourd'hui ce discours est tenu de la gauche à l'extrême droite en passant par la majorité. "Il faut faire une pause dans cet espace institutionnel, il ne faut pas déclencher tout de suite le Congrès à Versailles. (…) Cette pause est indispensable pour renouer les fils du dialogue", a déclaré ce lundi matin sur TF1 la maire de Nouméa Sonia Lagarde, non indépendantiste, soutien du chef de l'État en 2017.

Il faut reporter la date du Congrès de Versailles"
Manuel Valls

"Il faut reporter la date du Congrès de Versailles", a déclaré l'ancien Premier ministre socialiste Manuel Valls au Grand Jury dimanche. "Il vaut mieux reculer sur ce sujet là aujourd'hui que demain, dans quelques jours, parce qu'il y a davantage de morts", a-t-il précisé. Sur BFMTV, le vice-président du Rassemblement national Sébastien Chenu a tenu la même position, estimant qu'"on ne va pas réunir un Congrès maintenant vu l'état des lieux". "On peut décaler, on n'est pas à six mois près", a-t-il ajouté, proposant également de repousser d'autant les élections provinciales prévues en décembre dans l'archipel. Le tout alors que son parti est critiqué pour son changement de discours et de ton ces derniers jours, alors qu'il a voté en faveur du texte du gouvernement à l'Assemblée nationale mardi dernier. 

Ces deux personnalités rejoignent ainsi la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet qui, lors d'une réunion vendredi à Matignon, avait préconisé un report de la convocation du Congrès et la formation d'une mission de dialogue. "La fixation de la date du Congrès n’est pas de nature à créer les conditions du dialogue et de l’apaisement", aurait-elle déclaré au cours de cet échange auquel assistaient aussi les présidents des groupes parlementaires. 

Seule la droite veut maintenir le calendrier

Seule la droite défend le maintien du calendrier (même si le président du Sénat Gérard Larcher ne partage pas tout à fait la ligne de son parti). "Il ne faut pas donner l'impression que les émeutiers ont gagné", a insisté le patron du groupe LR à l'Assemblée Olivier Marleix vendredi soir auprès du Premier ministre. Dans un communiqué, le président du parti Eric Ciotti a rejeté "toute logique de temporisation" et affirmé qu'"il n'y a pas lieu de suspendre" le processus législatif.

Ce qui pourrait convaincre le gouvernement d'y renoncer ? La possibilité de ne pas réussir à réunir la majorité des 3/5e nécessaire à l'adoption d'une révision constitutionnelle. Si le projet de loi a été adopté assez largement au Sénat puis à l'Assemblée nationale la semaine dernière, le rétropédalage actuel n'est pas de bon augure pour le camp présidentiel. 


Justine FAURE

Sur le
même thème

Tout
TF1 Info