La France touchée par une cinquième vague de Covid-19

Omicron : l'échéance présidentielle pèse-t-elle sur les choix sanitaires d'Emmanuel Macron ?

Publié le 27 décembre 2021 à 13h39
JT Perso

Source : TF1 Info

PRÉSIDENTIELLE SOUS COVID - Face à la flambée des cas liés au variant Omicron, le gouvernement doit annoncer de nouvelles mesures lundi soir, mais peu de nouvelles contraintes. Ces choix sont-ils liés à la proximité de l'élection présidentielle ? Pas sûr.

Un Président forcé d'agir face à la crise sanitaire, mais aussi un potentiel candidat à sa réélection dans quelques semaines. Avec quelle casquette Emmanuel Macron arbitra-t-il le Conseil de défense sanitaire qui se tient ce lundi, censé déboucher sur de nouvelles consignes pour contenir l’épidémie de Covid-19 ? Sa très probable situation de futur candidat à l’élection présidentielle pèsera-t-elle dans ses choix en tant que président de la République ?

Si de nouvelles restrictions seront adoptées et annoncées, elles devraient être moins lourdes et impactantes pour les Français qu’attendues. Ces dernières heures, alors que le variant Omicron continue sa percée, les rumeurs d’un réveillon sous couvre-feu allaient bon train. Mais cette piste semble écartée. De même, il n'est pas question de toucher à la rentrée scolaire. Selon les informations de LCI, l’exécutif devrait décider de raccourcir le délai d’injection de la dose de rappel, de réduire la durée d’isolement pour les cas contact vaccinés, d’instaurer des jauges pour certains grands événements sportifs et culturels ou encore de renforcer le télétravail. 

Hormis l'instauration du pass vaccinal, ces mesures paraissent plutôt "soft" à l’heure où les couvre-feux et confinements sont de nouveau en vigueur chez certains de nos voisins européens. Cette exception française a-t-elle à voir avec les élections qui approchent, comme le laissent entendre certains adversaires politiques ? 

Pas de changement de stratégie

Force est de constater que le chef de l’État ne dévie pas de la ligne adoptée depuis plusieurs mois déjà : tout miser sur la vaccination et ne pas mettre de coup d’arrêt à l’économie du pays. C’est la raison pour laquelle l’exécutif a décidé d’accélérer l’adoption du pass vaccinal, et de réduire la durée d’isolement des cas contact vaccinés d’une personne positive au variant Omicron, de 17 à 7 jours. "C’est grâce à la vaccination, au pass sanitaire, aux gestes barrière que nous pourrons continuer de vivre, ne pas restreindre d’autres libertés et ne pas refermer des activités", déclarait déjà Emmanuel Macron lors d'une allocution prononcée le 9 novembre dernier. 

Début 2021, le chef de l'État avait d'ailleurs pris une option similaire, refusant de confiner le pays quand de nombreux voisins européens adoptaient cette mesure. La France avait finalement choisi d'avancer les vacances scolaires du printemps pour faire face à la vague, mais avait ainsi limité l'impact sur l'économie et la vie quotidienne des Français. 

Le principal indicateur qui préoccupe le gouvernement, celui qui pourrait lui faire prendre de nouvelles mesures restrictives, est la tension hospitalière. "Nous regardons la situation à l'hôpital", confirmait un conseiller de l'exécutif à LCI la semaine dernière. "Nous nous adaptons à la dangerosité et à la fulgurance du variant, tant que nous pouvons éviter de prendre des mesures restrictives et privatives de libertés, nous le faisons." Ce lundi 27 décembre la tension hospitalière est de 64%, et 16.365 personnes sont hospitalisées, dont 3300 en soins critiques.   

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À l'heure actuelle, les Français approuvent d'ailleurs les mesures gouvernementales et la façon dont Emmanuel Macron a géré la crise sanitaire. Selon un sondage Odoxa pour Le Figaro publié le 23 décembre, 66% des Français sont mêmes favorables à l'instauration du pass vaccinal. 

Selon notre baromètre mensuel Harris Interactive / Euros Agency pour LCI, Emmanuel Macron dispose en décembre de la confiance de 51% des Français (stable), Jean Castex de 46% (-1) et Oliver Véran de 44% (+3).

En outre, dans tous les sondages effectués à moins de quatre mois de l'élection présidentielle, si les secondes places sont disputées, Emmanuel Macron arrive toujours en tête du premier tour. Quel que soit son adversaire, il s'imposerait également au second. À condition, d'ici-là, de ne pas laisser la situation sanitaire s'aggraver en adoptant des mesures qui seraient jugées trop laxistes. Un exercice d'équilibriste qui laisse peu de marge de manœuvre au président sortant. 


Justine FAURE

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