Affaire Quatennens : le député LFI dans la tourmente

"On crée une justice de droit privé" : le coup de gueule d'Eric Dupond-Moretti sur les affaires Bayou-Quatennens

par Vincent MICHELON
Publié le 27 septembre 2022 à 12h45
JT Perso

Source : TF1 Info

Lors d'une conférence de presse ce mardi, Eric Dupond-Moretti a dénoncé le traitement des mises en causes ayant conduit aux retraits de Julien Bayou (EELV) et d'Adrien Quatennens (LFI).
Le garde des Sceaux dénonce une remise en cause des principes de la justice.

Eric Dupond-Moretti apprécie peu les derniers soubresauts à gauche autour des députés Julien Bayou (EELV) et Adrien Quatennens (LFI), et il le fait savoir. 

À l'occasion d'une conférence de presse de présentation du budget 2023, le ministre de la Justice a vertement dénoncé la façon dont ces mises en cause avaient été traitées. Pour rappel, Julien Bayou a quitté la direction du mouvement écologiste après une mise en cause par son ex-compagne, dans laquelle il affirme n'avoir jamais pu défendre ses arguments. Quant à Adrien Quatennens, il a fait l'objet d'une main courante de son ex-compagne pour des soupçons de violence sur fond de divorce, et il a reconnu l'avoir giflée il y a un an. Les deux responsables de gauche ont dû se mettre en retrait de la politique. 

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"Siffler la fin de la récréation"

Silencieux jusqu'ici sur ces affaires qui agitent la gauche, le garde des Sceaux, ancien avocat pénaliste, a déploré un traitement qui, selon lui, bafoue les règles élémentaires de la justice. 

"Je pense qu'il est temps de siffler la fin de la récréation", a lancé Eric Dupond-Moretti devant les journalistes. "On ne joue pas avec nos institutions. La libération de la parole de la femme, oui. Même au travers des réseaux sociaux. Pour autant, les réseaux sociaux ne peuvent pas être l'unique réceptacle sans filtre de cette parole et la justice doit intervenir."

Pour le ministre de la Justice, "on est en train de créer une justice de droit privé qui n'a strictement aucun sens. Il n'y a pas de code de déontologie mis en place par tel ou tel parti. Il y a la justice, et il y a un code pénal."

"Oui, c'est un coup de gueule, c'est vrai", a conclu Eric Dupond-Moretti. "Il y a en a marre de ces trucs-là. La justice, c'est une institution qu'on ne peut pas mettre de côté. Je suis attaché à la parole des victimes, à la présomption d'innocence, à un certain nombre de grands principes que notre société civilisée a mis des millénaires à élaborer."


Vincent MICHELON

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