Eric Zemmour, de polémiste à candidat à la présidentielle

"On reste dans l'Otan, mais il nous faut une autonomie de défense", défend Eric Zemmour

Maëlane Loaëc
Publié le 15 mars 2022 à 0h05
JT Perso

Source : TF1 Info

Invité de l'émission "La France face à la guerre" sur TF1, Eric Zemmour s'est montré très sceptique quant à la constitution d'une défense européenne.
Le candidat d'extrême droite veut renforcer le budget de l'armée française, "densifier" sa production d'armes et sortir du commandement militaire intégré de l'Otan.

"La France a un devoir de puissance" : sur le plateau de l'émission "La France face à la guerre", lundi soir sur TF1, Eric Zemmour a défendu sa vision du rapport de force international dans le contexte de la guerre en Ukraine. Estimant qu'Emmanuel Macron était un "utopiste de la défense européenne", le candidat d'extrême droite à la présidentielle a affirmé à l'inverse vouloir davantage miser sur les forces françaises. "Le général de Gaulle nous a appris que la défense doit être nationale, que toute guerre doit être notre guerre et que nous ne devons pas dépendre des autres", a-t-il jugé. 

Le fondateur de Reconquête a indiqué vouloir "augmenter le budget militaire de 41 à 70 milliards en 2030", souhaitant l'achat d'un deuxième porte-avion et plus d'avions de chasse. "S'il y a une guerre de haute intensité (visant la France, NDLR), comme ce qu'il se passe en ce moment en Ukraine, nous avons trois jours de munitions", a affirmé Eric Zemmour, attaquant une "faiblesse française" à ses yeux. "Depuis 10 ans, des présidents, en particulier Monsieur Hollande et Monsieur Macron, n'ont jamais fait augmenter le budget de la défense", le président actuel ayant plus précisément "cessé la descente", a-t-il fustigé. 

Selon lui, malgré l'envoi de matériel militaire en Ukraine par les Vingt-Sept, on n'assiste pas à "l'émergence d'une défense européenne, mais au renforcement de la jambe européenne de l'Otan". Il faudrait surtout craindre que les pays membres n'achètent des armes aux États-Unis, à l'instar des Allemands, a-t-il mis en garde. 

Quant à la place de la France de l'Otan, qu'elle a récemment renforcée, "nous ne serons jamais tous seuls, on aura toujours des alliés, on reste dans l'Otan, mais il nous faut une autonomie de défense", a-t-il estimé. Il a critiqué notamment une image de "petits télégraphistes des États-Unis", dont "Monsieur Macron a beaucoup pâti" selon lui. "Nous devons sortir du commandement militaire intégré pour retrouver notre autonomie de décision", a préconisé l'ancien polémiste. 

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Actuellement, au sein de l'Otan, "c'est la logique de créneau", a-t-il fustigé, affirmant que Washington commande la production d'armes différentes d'un pays membre à l'autre. "Seuls les Français ont fait de tout, mais comme on ne dépense plus assez, on a une conception d'échantillon : il faut nous densifier et nous renforcer", a-t-il préconisé. 

"J'ai condamné tout de suite l'invasion en Ukraine, car je défends la souveraineté nationale et l'intégrité des frontières", a-t-il par ailleurs tenu à rappeler, sans pour autant accepter de décrire le dirigeant russe comme un dictateur. "Je ne vais pas insulter Vladimir Poutine, c'est quelqu'un qui a des méthodes rudes et tyranniques, mais je ne vais pas le qualifier, car il faut discuter avec lui", a-t-il estimé. 


Maëlane Loaëc

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