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Emmanuel Macron interpellé par des militants à La Haye : l'une des membres s'explique à TF1info

Publié le 12 avril 2023 à 16h52, mis à jour le 12 avril 2023 à 18h57

Source : TF1 Info

Le président de la République a été interrompu mardi 11 avril par trois manifestants, pendant un discours à La Haye, aux Pays-Bas.
TF1info a pu échanger avec l’une des personnes ayant provoqué le happening.
Elle se revendique d'un "Comité d’accueil du Président de la violence et de l’hypocrisie".

"Vous avez des millions de gens dans les rues. La convention sur le climat n’est pas respectée. Qu’est-ce que vous voulez nous dire à propos de l’Europe ?" En déplacement aux Pays-Bas, Emmanuel Macron a été rattrapé mardi 11 avril par sa politique intérieure. Alors qu’il prononçait un discours sur l’Europe organisé par l'institut Nexus, au théâtre Amare de La Haye, le président de la République a été interrompu par trois manifestants, qui se sont levés dans le public avant de l’interpeller en anglais et de dérouler deux banderoles, une bleue et une verte. 

La militante était chargée de prendre des photos de l'événement, depuis l'un des balcons du théâtre.
La militante était chargée de prendre des photos de l'événement, depuis l'un des balcons du théâtre. - Anna

Sur la verte, un message clair : "President of violence and hypocrisy" (ou "Président de la violence et de l’hypocrisie", en Français, ndlr). "Où est la démocratie française ?", ont également crié ces manifestants en évoquant le Parlement et la Convention pour le climat. Ces derniers ont aussitôt été évacués par les services de sécurité du théâtre, mais l’image est devenue virale. 

Les trois manifestants ont aussi bien été décrits comme des "étudiants Erasmus" que comme des "militants écologistes". Mais qui sont-ils vraiment et que revendiquent-ils ? TF1info a pu s’entretenir avec l’une des personnes présentes dans le théâtre. La jeune femme, qui se fait appeler Anna, était alors chargée de prendre des photos au moment où ses trois amis ont coupé la parole à Emmanuel Macron. 

Inquiets des "récentes dérives autoritaires en France"

C’est en apprenant il y a quelques jours la venue du chef de l’État aux Pays-Bas que ce groupe de cinq jeunes Français, vivant dans le pays, a décidé d’une action "efficace" pour l’interpeller sur des thèmes chers à leurs yeux : le climat et la démocratie. "En tant que militants, on a été assez sensible au 49.3 et à ce qu’il s’est passé à Sainte Soline", souligne Anna. Un événement faisant écho, selon elle, à l’utilisation de canons à eau le 11 mars dernier par les policiers néerlandais sur des militants d’Extinction Rebellion, qui avaient bloqué une autoroute à La Haye.

Mais ces cinq militants, âgés de 22 à 35 ans, tiennent à leur indépendance vis-à-vis d’autres collectifs. Ils s’identifient désormais comme le "Comité d’accueil du Président de la violence et de l’hypocrisie" et ont même envoyé un communiqué à plusieurs médias, où ils partagent leurs inquiétudes sur "les récentes dérives autoritaires en France". Ayant acheté des billets à l’avance pour le discours d’Emmanuel Macron, c’est donc sans problème qu'ils ont franchi les portes du théâtre Amare et se sont fondus dans le public. Avant de dérouler leurs banderoles, qui ont produit leur petit effet. "Les trois ayant pris la parole ont été sortis par la sécurité et un autre est sorti au même moment", raconte Anna, qui les a rapidement rejoints à l’extérieur. 

Prévenue par les services de sécurité du théâtre, la police locale n’a constaté aucune infraction. "Nous avons pris ces personnes à part, mais ne les avons pas arrêtées. Le règlement intérieur du théâtre interdit à quiconque de filmer, mais il ne s'agit pas d'un délit", indique à TF1info la police de La Haye. Les cartes d’identité des militants ont en revanche été prises en photo, ces derniers ayant interdiction d’entrer dans le théâtre pendant un an. 

Si un homme en état d’ébriété a été interpellé puis emmené au commissariat, il n’a aucun lien avec le groupe de jeunes Français, confirme la police. Ce mercredi, Anna avait également fait le déplacement à Amsterdam, emportant la fameuse banderole verte dans ses bagages pour accueillir le chef de l’État. Deux manifestants ont été interpellés pour "trouble à l'ordre public et menace" à son arrivée à l’université d’Amsterdam. 

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Caroline QUEVRAIN

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