Paris Games Week : le gouvernement célèbre ces jeux vidéos si souvent critiqués par les politiques

Publié le 1 novembre 2023 à 19h04

Source : TF1 Info

La Paris Games Week, plus grand salon du jeu vidéo en France, a ouvert ses portes ce mercredi 1er novembre.
Les membres du gouvernement se bousculent dans ses allées pour afficher leur soutien à un secteur très porteur.
Ils sont pourtant parfois peu tendres avec cette industrie et les conséquences qu'elle aurait sur la jeunesse.

D'abord la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castera, et le ministre délégué chargé du Numérique, Jean-Noël Barrot, mardi soir pour l'inauguration. Puis le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, et la secrétaire d'Etat chargée de l'Enfance, Charlotte Caubel, ce mercredi. Les membres du gouvernement se bousculent et vont continuer de se bousculer jusqu'au 5 novembre, porte de Versailles, dans les allées de la Paris Games Week, plus grand salon du jeu vidéo en France. Impossible pour eux de faire l'impasse sur ce secteur culturel, porteur économiquement, même s'il est parfois malmené par les politiques qui continuent de véhiculer les clichés qui lui collent à la peau.

Ces dernières années, le gouvernement fait tout pour booster un secteur d'avenir - auquel 39 millions de Français se sont adonnés en 2023 - et qui rapporte gros. Selon Bruno Le Maire, l'industrie du jeu vidéo a dégagé un chiffre d'affaires de 5,5 milliards d'euros en 2022, représente 1200 entreprises dont 600 studios et plus de 15.000 emplois. Les principaux syndicats du jeu vidéo plaident régulièrement pour aller plus loin et pour que la France, troisième en Europe en termes de chiffre d'affaires, devienne leader européen du secteur d'ici cinq ans, demandant aux pouvoirs publics d'en faire une "priorité industrielle".

Crédit d'impôt et TVA réduite

Ce mercredi, le gouvernement s'est dit "favorable" à ce que l'"examen de l'efficacité" du crédit d'impôt jeu vidéo, principal outil de financement public de cette industrie en France, soit prolongé jusqu'en 2026. Depuis 2008, les entreprises du secteur bénéficient d'un crédit d'impôt, sous conditions, dont le taux s'élève à 30% des dépenses éligibles de production d'un nouveau jeu. L'an dernier, l'exécutif avait annoncé vouloir prolonger le crédit d'impôt jeu vidéo jusqu'au 31 décembre 2028. Mais si la Commission européenne a autorisé la France à le maintenir jusqu'à cette date, Bercy a souligné auprès de l'AFP que les niches fiscales devaient faire l'objet d'un examen de leur efficacité à certains intervalles.

Pour "accompagner" le développement économique de l'e-sport, Bruno Le Maire avait également annoncé jeudi dernier que la TVA sur les billets des compétitions de jeux vidéo serait "alignée sur celle des concerts et des rencontres sportives" à compter du 1er janvier 2024, passant de 20% à 5,5%.

Mais derrière ce soutien économique, régulièrement, les politiques et les membres du gouvernement trahissent dans leurs propos une certaine méconnaissance et mésestime du secteur, même si cela tend à changer. Lors de l'édition 2022 de la Paris Games Week, la ministre de la Culture Rima Abdul Malak avouait : "Il y a eu pendant de trop longues années des clichés sur le jeu vidéo qui ont fait peut-être que des politiques n’osaient pas totalement s’afficher en soutien. Aujourd’hui, ce secteur aussi a réussi à faire parler de lui et plus positivement, à montrer toute sa diversité et sa créativité".

Quand Macron faisait "bondir les gamers"

Au mois de juin dernier, au moment des violences urbaines qui ont suivi la mort de Nahel, le président de la République avait entretenu l'idée reçue la plus fréquente à propos des jeux vidéo : ils entretiendraient ou encourageraient la violence chez les plus jeunes. "On a le sentiment que certains vivent dans la rue les jeux vidéo qui les ont intoxiqués", avait déclaré Emmanuel Macron. En septembre, à l'occasion de la compétition de e-sport  KCX3 organisée à Paris, il avait fait un mea culpa, reconnaissant avoir "fait bondir les gamers".

"Les jeux vidéo sont une culture, un divertissement, un spectacle", affirmait le chef de l'Etat. Ils "font partie intégrante de la France. Assassin’s Creed ou encore Dofus sont des créations de talents français. Nous en sommes fiers", "les jeux vidéo offrent des opportunités pour l’emploi et l’avenir, en faisant naître des champions, mais aussi des ingénieurs, des développeurs, des designers et des créateurs", ajoutait-il.


Justine FAURE

Tout
TF1 Info