Les Français face à la pénurie de carburants

Carburants : de "pas de pénurie" aux réquisitions, comment le gouvernement a fait demi-tour sur les stations

Publié le 12 octobre 2022 à 13h18
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Il y a encore une semaine, le porte-parole du gouvernement assurait qu'il n'y avait pas de pénurie dans les stations-services françaises.
Ce mercredi, les premières réquisitions ont été décidées pour débloquer la situation.
En l'espace de sept jours, le gouvernement, sous le feu des critiques pour son inaction et sa négation du problème, a largement évolué.

"Pas de pénurie" de carburant mais "des tensions". Mercredi dernier en Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement se voulait rassurant, quitte à minimiser la situation vécue par les Français dans certaines régions. Alors que 12% des stations-service connaissaient des difficultés sur l’ensemble du territoire et 30% dans les Hauts-de-France, il les jugeait "temporaires". Une semaine plus tard, ce sont 31% des stations qui sont en difficulté au niveau national, 45% dans le nord. Et la communication du gouvernement a changé.

De l'appel "au calme" à la "crise"

À l’instar d’Olivier Véran, le gouvernement a mis du temps avant de prendre la mesure du problème qui handicape de nombreux Français et secteurs d’activité. Vendredi, Emmanuel Macron appelait les Français "au calme" et les syndicats et groupes pétroliers à la "responsabilité". Si l’ensemble de l’exécutif jugeait légitime les revendications salariales des employés de ces groupes à hauts bénéfices, il ne se montrait pas vraiment menaçant à leur égard. 

Au cours du week-end, la Première ministre continuait de se montrer rassurante, assurant que les tensions d’approvisionnement dans les stations-service allaient "s’améliorer tout au long de la semaine", même si Olivier Véran reconnaissait cette fois-ci que le pays vivait "très certainement" "une crise". Le gouvernement avait d'ailleurs consenti à libérer une partie de ses réserves et autorisé les camions citernes à circuler ce week-end.

Encore largement critiqué, le gouvernement avait continué sur sa lancée en début de semaine. Alors que la veille elle avait "invité les directions et les représentants des salariés, à la fois d'Esso et de Total, à se mettre autour de la table", Élisabeth Borne disait lundi attendre "de la responsabilité de la part des organisations syndicales et des directions" des raffineries "pour qu'on puisse trouver un accord et ne pas pénaliser les Français". Mais toujours sans engager aucune action de l'exécutif, ni pour mettre la pression sur les directions des groupes pétroliers pour négocier ni pour forcer les déblocages. 

Il ne faut pas qu'on soit dans un pays où on considère que c'est au gouvernement de tout faire.

Emmanuel Macron

"Ça prend un petit peu de temps, mais ça va s'améliorer au cours de la semaine", avait encore assuré Élisabeth Borne, quand Emmanuel Macron faisait appel à "l'esprit de responsabilité" des grévistes et des entreprises concernées. "Il ne faut pas qu'on soit dans un pays où on considère que c'est au gouvernement de tout faire", estimait le président. 

Mais dès lundi soir, à l'issue d'une réunion à Matignon, l'exécutif avait indiqué qu'il "prendra[it] ses responsabilités" si la situation perdurait. Dès le lendemain, mardi 11 octobre, face à l'ampleur de la situation et à sa non-amélioration, Élisabeth Borne annonçait dans l'hémicycle le recours à des réquisitions. "J’ai demandé aux préfets d’engager, comme le permet la loi, la procédure de réquisition des personnels indispensables au fonctionnement des dépôts" d’Esso-ExxonMobil, indiquait-elle lors des questions au gouvernement, menaçant de faire de même auprès de TotalEnergies. 

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Ce mercredi, la menace a été mise à exécution avec la première réquisition  visant à débloquer le dépôt de carburant de la raffinerie normande d’Esso-ExxonMobil. Si celui de TotalEnergies à Dunkerque ne parvient pas à s'entendre à l'issue de négociations entre syndicats et direction, il pourrait subir le même sort, a prévenu Olivier Véran à l'issue du Conseil des ministres, promettant "une amélioration très sensible" dans "les prochains jours". Et d'assurer : "Ça ne se fera pas en une heure, mais ça va aller vite."


Justine FAURE

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