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Personnels suspendus : le gouvernement préfère-t-il un soignant positif au Covid-19 à un soignant non-vacciné ?

Publié le 29 novembre 2022 à 18h15
JT Perso

Source : TF1 Info

François-Xavier Bellamy a dénoncé ce lundi le maintien de la suspension des soignants non-vaccinés.
L'eurodéputé (LR) regrette que le gouvernement préfère faire travailler un "soignant positif au Covid-19".
Cette critique est à nuancer.

C'est l'un des nouveaux combats de l'eurodéputé du PPE. Depuis le vendredi 25 novembre, François-Xavier Bellamy accuse le gouvernement de tout faire pour empêcher la réintégration des soignants non-vaccinés. Dernièrement, c'est sur SudRadio que l'élu Les Républicains a dénoncé ce comportement. Dans une vidéo de son intervention, l'eurodéputé affirme que la mesure serait un "choix politique intenable et indéfendable".

"La vraie folie scientifique, la vraie folie contre la rationalité et la logique élémentaire", c'est la demande du "ministère de la Santé à des soignants vaccinés, mais positifs au coronavirus, de venir travailler", a dénoncé l'eurodéputé. Une forme d'absurdité, selon lui, puisqu'un soignant non-vacciné et négatif ne peut pas être en contact avec un public à risque. 

"À tout prendre, je préfère 1000 fois être soigné par une personne non-vaccinée et négative que par une personne vaccinée et positive", conclut l'élu de droite dans cette vidéo qui a récolté six fois plus de vues que ses vidéos précédentes. Sauf que François-Xavier Bellamy exagère quelque peu la situation.

Une mesure "exceptionnelle et temporaire"

Comme nous l'avons déjà expliqué par le passé, il est vrai qu'un soignant vacciné a le droit se rendre au travail s'il est positif au Covid-19. Une exception à l'isolement, rendue possible grâce à une directive du ministère de la Santé prise le 2 janvier 2022. Dans ce courrier, la Direction générale de la santé posait en effet le cadre d'une "dérogation" à l'isolement pour les soignants. En s'appuyant sur un avis rendu deux jours plus tôt par le Haut Conseil de la santé publique, le gouvernement comptait ainsi "anticiper le risque de déstabilisation de la vie sociale et économique liée à la diffusion extrêmement rapide du variant Omicron". 

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Cette dérogation n'a donc pas de caractère automatique. C'est même l'inverse. Contrairement à ce que laisse entendre l'eurodéputé, cette exception n'est possible que lorsqu'un hôpital entre en "phase 3", soit quand il a un "risque majeur de perturbations de l'offre de soins". À noter : le soignant ne peut être obligé à travailler. De plus, il doit disposer d'un schéma vaccinal complet à jour et être "asymptomatique ou pauci-symptomatique", c'est-à-dire qu'il ne peut pas présenter de symptômes respiratoires "comme la toux et les éternuements". Enfin, ces professionnels doivent rester isolés de leurs collègues, mais aussi des patients, "dans la mesure du possible". Le ministère de la Santé appelle en effet l'établissement à les affecter "prioritairement à des activités ne nécessitant pas le contact avec des patients à risque de forme grave de Covid-19 ou en situation d'échec".

En résumé, comme le souligne la direction générale de la Santé, cette mesure mise en avant par François-Xavier Bellamy a un caractère "exceptionnel et temporaire". Si la situation ne répond pas à tous ces critères, la règle en vigueur reste donc l'isolement, même pour les soignants. 

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Felicia SIDERIS

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