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"Échapper aux balles israéliennes" : de retour de Cisjordanie, Philippe Martinez répond aux critiques

Publié le 14 octobre 2022 à 16h43
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Dans une séquence très commentée, Philippe Martinez indique avoir dû quitter la ville palestinienne de Naplouse "pour échapper aux balles et aux militaires israéliens".
Le secrétaire général de la CGT se trouvait en Cisjordanie avec une délégation pour rencontrer des élus et des responsables d'ONG.
Auprès de TF1info, il s’en explique et assure ne pas avoir "exagéré" ses propos.

Engagé dans un bras de fer avec le gouvernement sur le cas des raffineries, Philippe Martinez a été contraint de rentrer rapidement en France pour communiquer en personne et soutenir les grévistes. De nouveau sur le sol français mercredi 12 octobre, le secrétaire général de la CGT a été interrogé sur son absence lors des premiers jours du mouvement et des tensions observées dans les stations-service. 

"J’étais obligé de me faufiler"

"Je suis venu dès que j’ai pu parce que je conduisais une délégation en Palestine", indique-t-il au micro de BFMTV. "Et j’étais coincé - pas tout seul d’ailleurs - à Naplouse, parce que l’armée israélienne entoure la ville. Et donc j’étais obligé de me faufiler cette nuit pour échapper aux balles et aux militaires israéliens. J’ai atterri ce matin, je suis venu dès que j’ai pu soutenir les grévistes." 

Une séquence qui se retrouve vite relayée et très commentée sur les réseaux sociaux. Moqué, Philippe Martinez est accusé d’avoir exagéré les conditions de son départ, voire de tirer le conflit israélo-palestinien à son avantage.  

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Pour le contexte, Naplouse est une ville du nord de la Cisjordanie occupée, qui connait un regain de tensions ces dernières semaines. Plusieurs Palestiniens sont morts et un militaire israélien a été tué mardi 11 octobre dans une fusillade, provoquant le bouclage de la ville par les autorités de l'État hébreu. 

C’est ce que raconte Philippe Martinez, qui revient auprès de TF1info sur ce départ impromptu. "La ville a été encerclée par les militaires israéliens, donc impossible de sortir. Les routes étaient bloquées. Quand j’ai essayé de rejoindre l’aéroport de Tel Aviv, je me suis retrouvé en face de barrages de militaires israéliens. Le taxi a essayé de passer tandis que l’on était mis en joue par des militaires. Au bout de trois interventions, le taxi a voulu partir. C’est ce que j’ai vécu. Je ne me suis pas fait tirer dessus, heureusement." Le leader de la CGT explique aussi avoir dû écourter ce voyage prévu de longue date, durant lequel il devait notamment se rendre à Jérusalem pour y rencontrer ONG et députés. La délégation, elle, est d'ailleurs toujours sur place.

"Je n’ai pas exagéré, j’ai décrit une réalité"

Ces récents événements ont été rapportés par plusieurs journaux locaux. Selon le quotidien Haaretz, "l'armée avait érigé des barrages routiers à toutes les entrées de la ville, la deuxième plus grande de Cisjordanie, ne permettant aux habitants de sortir que par trois points de contrôle gardés". On peut également lire, dans The Times of Israel, que "l’armée israélienne impose depuis mercredi matin un bouclage partiel de Naplouse au moyen de barrages routiers" et que "certaines routes avaient été laissées ouvertes afin de permettre aux Palestiniens d’entrer et sortir de la ville sous réserve d’'un contrôle de sécurité strict'". 

Questionné sur les mots choisis pour exposer la situation, le secrétaire de la CGT persiste et signe. "Je n’ai pas l’habitude d’avoir deux militaires qui vous mettent en joue, ce sont des voitures blindées qui se mettent en travers de la route, ce ne sont pas des jouets en plastique, vous êtes sur un barrage en pleine nuit. Je n’ai pas exagéré, j’ai décrit une réalité. Quand on est sur place, on mesure ce qu’il se passe." Ayant eu vent des réactions qu'ont provoquées ses propos, Philippe Martinez indique n'avoir aucun commentaire à faire.


Caroline QUEVRAIN

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