Polémique Oudéa-Castéra : la ministre demande la fin "des attaques personnelles" sur la scolarisation de ses enfants

par JC avec AFP
Publié le 15 janvier 2024 à 17h44, mis à jour le 18 janvier 2024 à 17h47

Source : TF1 Info

La ministre de l'Education nationale a tenté ce lundi de clore la polémique au sujet de la scolarisation de ses enfants dans le privé.
Dimanche soir, "Libération" a mis à mal la défense de la ministre, contredite par une ex-enseignante.
Des appels à la démission de la ministre ont été lancés.

C'est la première crise du gouvernement Attal. Amélie Oudéa-Castéra, a demandé ce lundi de clore "le chapitre des attaques personnelles" au sujet de la scolarisation de ses enfants dans le privé à l'occasion d'un déplacement au village olympique de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). À peine promue à l'Éducation nationale, "AOC" est obligée de se justifier sur l'inscription de ses trois fils à l'école Stanislas, prestigieux établissement privé des beaux quartiers de Paris.

Ce choix a été motivé par "des paquets d'heures pas sérieusement remplacées" dans le public, a-t-elle expliqué dans un premier temps. Les propos de la ministre de l'Éducation nationale, de la Jeunesse, des Sports et des Jeux olympiques et paralympiques ont été vécus comme une provocation par les syndicats, au point qu'elle a aussitôt battu sa coulpe, disant "regretter" d'avoir "pu blesser certains enseignants".

La deuxième salve n'a pas tardé : dimanche soir, Libération a mis à mal la défense de la ministre, contredite par une ex-enseignante. Celle-ci a démenti l'absence invoquée d'instituteurs et a souligné la volonté d’Amélie Oudéa-Castéra de faire sauter une classe à l'aîné de la fratrie.

"Un mensonge qui la disqualifie"

Les oppositions n'ont pas manqué de se saisir de ses révélations afin d’attaquer la ministre. "C'est un mensonge qui la disqualifie pour continuer à occuper cette fonction", a ainsi affirmé l'insoumis Manuel Bompard sur franceinfo, tandis que le communiste Fabien Roussel a estimé sur le réseau social X qu'"il est temps de démissionner". Le député Rassemblement national, Julien Odoul, a également fustigé sur LCI ces "ministres qui mentent allègrement comme Amélie Oudéa-Castéra" qui, "discréditée", doit "partir".

"Je ne veux pas aller plus avant sur le terrain de la vie personnelle et de la vie privée. Il y a des attaques auxquelles j'ai essayé de répondre avec le plus de sincérité possible. Il faut clore ce chapitre des attaques personnelles et de la vie personnelle", a répondu la ministre ce lundi en Seine-Saint-Denis.

Les rares soutiens de la ministre peinaient à cacher leur embarras, à l'image de la porte-parole du gouvernement, Prisca Thévenot, qui a botté en touche sur France Inter : "Je ne sais pas si elle a menti, je dis simplement qu'elle a expliqué pourquoi son fils a été scolarisé dans le privé."

Un appel à des grèves lancé

C'est dans ce contexte très tendu qu'Amélie Oudéa-Castéra a commencé à rencontrer ce lundi les syndicats de l'enseignement, pour évoquer les priorités de son ministère. "Tous les enseignants se sont sentis blessés, humiliés, il y a une très grande colère de la profession", a déclaré à l'AFP Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat du second degré (collèges et lycées). 

Le syndicat lui demande "des excuses publiques". Mais "nous n'avons eu ni de réponse claire, ni d'engagement", a regretté Sophie Vénétitay, précisant que la FSU a "coupé court à la réunion". Pour Guislaine David, la porte-parole du SNUipp-FSU (principal syndicat du primaire), "on ne peut pas avoir confiance dans une ministre qui s'empêtre dans des justifications qui ne sont que mensonges". "Je ne sais pas si on a déjà démarré aussi mal une prise de fonction en tant que ministre de l'Éducation nationale", a résumé Benoît Teste, secrétaire général de la FSU. Des syndicats ont appelé à des grèves le 25 janvier et le 1ᵉʳ février.

La polémique contrarie les plans de l'exécutif, moins d'une semaine après un remaniement censé lui donner un nouveau souffle incarné par Gabriel Attal. D'autant plus qu'ancien titulaire de l'Éducation nationale, il a assuré qu'il serait le "garant" de la "priorité absolue" accordée à l'école. L'affaire est aussi un caillou dans la chaussure d’Emmanuel Macron, qui considère que le sujet "fait partie du domaine réservé du président", et doit préciser mardi soir lors d'une conférence de presse comment il entend mener à bien le "réarmement" du pays, qui pourrait passer par des annonces en matière d'éducation.


JC avec AFP

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