Élection présidentielle 2022

Recours au cabinet McKinsey : comment le gouvernement se justifie-t-il ?

Aurélie Loek
Publié le 30 mars 2022 à 23h10
JT Perso

Source : TF1 Info

A proximité immédiate de la présidentielle, le camp Macron tente de déminer la polémique sur le recours aux cabinets de conseil, en particulier McKinsey.
Les ministres Amélie de Montchalin et Olivier Dussopt ont convoqué mercredi soir une conférence de presse pour faire "toute la transparence".

"Il n'y a rien à cacher". Souhaitant faire preuve de "transparence", Olivier Dussopt et Amélie de Montchalin ont organisé la défense du gouvernement face à la polémique qui enfle autour du recours des cabinets de conseil par les ministres et sur lequel un rapport sénatorial avait été présenté le 17 mars dernier. Celui-ci dénonçait notamment que les dépenses de conseil des ministères étaient passées de 379,1 millions d'euros en 2018, à 893,9 millions d'euros en 2021.

Le recours aux cabinets : une pratique ancienne et justifiée

"L'État assume parfaitement de recourir à des cabinets de conseil dans certaines circonstances", a défendu la ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, assurant que la pratique était "répandue", "habituelle" et "utile" dans la "majorité des cas". Les deux ministres ont souligné que le quinquennat d'Emmanuel Macron n'avait pas été le seul à faire appel à des cabinets de conseil, cette pratique remontant à "au moins 2005". Elle se serait ensuite généralisée entre 2007 et 2012, Amélie de Montchalin pointant alors l'action des "dirigeants de l'époque"

Décidés à dégonfler toute polémique, la ministre a par ailleurs insisté sur le fait que jamais les décisions n'avaient été prises par les cabinets de conseil. "La décision revient toujours à l'État, à la puissance publique et jamais aux acteurs privés", a-t-elle déclaré. Olivier Dussopt a également insisté sur le fait qu'il n'y avait pas non plus d'interdépendance entre les cabinets de conseil et l'État. Le recours aux cabinets de conseil représenterait "0,3% de la masse salariale totale de l'État".

Continuer à encadrer le recours aux cabinets

Les deux ministres ont finalement souligné les efforts diligentés sous le quinquennat actuel pour encadrer le recours aux cabinets de conseil, tout en reconnaissant qu'ils allaient continuer à s'améliorer. De nouvelles règles devront rentrer en application, en plus de la dernière réforme, définie en janvier dernier. 

Celle-ci oblige à s'assurer que les services publics ne disposent pas des compétences en interne avant de recourir aux cabinets de conseil. Amélie de Montchalin a d'ailleurs reconnu que si cette doctrine avait été passée auparavant, le recours à des cabinets de conseil en 2021, lors de la crise sanitaire, aurait été moindre. C'est pourquoi elle prévoit notamment dès 2022 de "réduire d'au moins 15% le recours aux prestations de conseil externe"

La situation McKinsey

Lors de ce point presse, la situation du cabinet McKinsey, sous le feu des projecteurs, car accusé de ne pas avoir payé d'impôts sur les sociétés en France entre 2011 et 2020, a également été évoquée. Une enquête fiscale, commencée "à la fin de l'année 2021", est en cours, a confirmé Olivier Dussopt. 

Avaient aussi été pointés les liens supposés entre le cabinet et l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron, certains consultants occupant des postes au sein de l'organigramme de campagne. "Des personnes qui s'engagent à titre personnel, sur leur temps personnel parce qu'ils et elles ont des convictions personnelles", a botté en touche Amélie de Montchalin, jugeant que ces "allégations de copinage ou autre" ne décrivaient pas la réalité d'une équipe de campagne.

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Les ministres ont donc pris le temps de répondre aux accusations qui tournent autour du rapport du Sénat et qui a été utilisé pour attaquer le bilan d'Emmanuel Macron, notamment par certains de ses opposants. "Nous ne pouvons pas tolérer que depuis quelques jours, ce rapport (...) soit détourné. Un milliard ceci, un milliard cela : on est très, très loin de la réalité", a dénoncé Amélie de Montchalin. 

D'autant que cette affaire intervient au moment où l'écart se resserre dans les sondages entre Emmanuel Macron, autour de 28% des intentions de vote au premier tour, et ses poursuivants immédiats. Preuve que ce temps d'explication avait son importance, la réunion, prévue normalement pour jeudi matin, a été avancée à mercredi soir afin de permettre à Olivier Dussopt d'y assister en longueur.


Aurélie Loek

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