Depuis le début des discussions autour de la réforme des retraites, le Rassemblement national plaide pour une nouvelle politique nataliste.
Selon lui, c'est en faisant des enfants que l'on parviendra à assurer la survie économique du système de retraite.
Mais derrière ce projet, figure surtout l'un des piliers de sa politique identitaire.

"Lâchez nos utérus ! (…) Nos ventres ne sont pas la variable d'ajustement de votre réforme des retraites." Mercredi soir, dans l'hémicycle, la députée socialiste Sandrine Rousseau s'est emportée après la prise de parole de la députée RN, Laure Lavalette, qui réclamait la mise en place d'une politique de natalité. Alors que les députés discutent actuellement des solutions de financement alternatives à celles proposées par le gouvernement pour le système de retraites, le Rassemblement national a trouvé la solution : faire plus d'enfants.

Pour que notre système de retraite soit viable, il faut faire des enfants."
Sébastien Chenu

D'ailleurs, à l'occasion de l'étude du projet de loi en commission, le RN avait déposé cinq amendements autour de la politique familiale du pays. Ses députés souhaitaient notamment réserver les allocations familiales aux Français ou aux étrangers ayant travaillé 5 ans à temps plein, accorder un prêt à taux zéro jusqu'à 100.000 euros pour aider les jeunes couples, ou faire en sorte que la naissance d'un deuxième enfant apporte une part fiscale pleine à un foyer fiscal. Ces amendements avaient été jugés irrecevables.  

Mais ces derniers jours, les prises de parole des proches de Marine Le Pen ont remis ces idées sur le devant de la scène. Lundi 13 février sur France inter, le vice-président de l'Assemblée nationale, Sébastien Chenu, déclarait : "La politique nataliste est un des leviers pour le système de retraite", "nous considérons que pour que notre système de retraite soit viable, il faut faire des enfants parce qu'à moyen et long terme, c'est une des solutions". "On est sur un projet de retraites et le gouvernement a éludé deux jambes majeures que sont la natalité et la productivité", a abondé la porte-parole du groupe RN Laure Lavalette sur franceinfo. "Les bébés qui naissent en 2023 seront les cotisants de 2043. Toutes les ambitions sociales qui ont été faites ont pu l'être parce qu'on avait une démographe florissante", a-t-elle ajouté. "Nous, on pense que les enfants, c'est le signe de la vitalité de la France et que c'est nécessaire aussi dans ce système, pragmatiquement, des retraites." 

Plus une politique identitaire qu'une politique économique

Mais si le Rassemblement national présente ce sujet comme une solution économique au système des retraites, il lui permet surtout de remettre dans le débat public l'une de ses marottes, qui a plus à voir avec sa politique identitaire que sa politique économique. "Je préfère qu'on fabrique des travailleurs français plutôt qu'on les importe", a d'ailleurs lâché Sébastien Chenu sur France Inter au cours de son argumentaire. Il a reconnu qu'une politique nataliste avait parmi ses objectifs d'"assurer la perpétuité de la civilisation et la population française. Qu'on ait plus de petits Français demain plutôt qu'ouvrir les vannes et de voir l'immigration comme un projet de peuplement".

Il s'agit de la continuité du programme politique du parti. Dans son programme présidentiel, dans son livret dédié à la famille, Marine Le Pen écrivait : "Faire le choix de la natalité, c'est s'engager à assurer la continuité de la Nation et la perpétuation de notre civilisation". Ainsi, si les enfants sont présentés ces derniers jours comme des cotisants en puissance, ils sont surtout, pour le Rassemblement national, un moyen de résister à une possible immigration massive.


Justine FAURE

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