EELV : accusé de violences psychologiques, le député Julien Bayou démissionne du parti et du groupe à l'Assemblée

Publié le 2 avril 2024 à 12h52, mis à jour le 2 avril 2024 à 14h43

Source : TF1 Info

Le député Julien Bayou a démissionné du parti Europe Écologie-Les Verts et du groupe écologiste à l'Assemblée nationale, a annoncé le mouvement politique ce mardi.
Le parlementaire est visé par une plainte pour violences psychologiques, déposée par son ex-compagne.
EELV a également décidé d'ouvrir une enquête externe par un cabinet spécialiste des violences sexistes et sexuelles après l'arrivée de "plusieurs nouveaux témoignages de comportements inadaptés".

Il avait annoncé au début du mois qu'il se mettait en retrait de son groupe à l'Assemblée nationale et de son parti, après le dépôt d'une plainte par son ex-compagne pour "violences psychologiques". Ce mardi, le parti a indiqué que le député de Paris avait démissionné du parti EELV ainsi que du groupe écologiste au palais Bourbon. Un peu plus tôt, EELV avait annoncé l'ouverture d'une enquête externe par un cabinet spécialiste des violences sexistes et sexuelles après l'arrivée de nouveaux témoignages relatifs à des "comportements inadaptés" du parlementaire de 43 ans.

"J’ai aussi reçu, depuis la suspension de Julien, plusieurs nouveaux témoignages de comportements inadaptés. Je ne rentre pas ici dans les détails, ce sera à l’enquête de le faire. Mais j’ai totalement confiance dans les personnes qui m’ont appelée et j’ai pu les assurer de mon soutien et, par là même, de celui du mouvement", écrivait la présidente du parti Marine Tondelier dans un mail envoyé lundi soir aux dirigeants d'EELV, que TF1 a pu consulter. Elle explique que la proposition d'enquête externe "organisée par un cabinet spécialiste des violences sexistes et sexuelles" a été validée "par un vote ce week-end"

Une "grève militante"

Le 27 mars dernier, après l'annonce de son retrait le 7 mars, le groupe écologiste à l'Assemblée nationale avait organisé un vote pour décider d'une éventuelle suspension. Celle-ci avait été rejetée, la majorité qualifiée de 60% des effectifs du groupe nécessaire pour le suspendre officiellement n'ayant pas été atteinte. Depuis, plusieurs parlementaires comme Sandrine Rousseau déploraient ce résultat. "J'aurais aimé que le groupe affirme une ligne politique féministe", avait-elle regretté. Des dizaines de cadres et militants locaux avaient même lancé ces derniers jours une "grève militante" pour réclamer sa suspension.

Dans son mail envoyé lundi soir, Marine Tondelier rappelait que "le parti n’avait pas prise sur la décision du groupe à l’Assemblée" et que selon le règlement du parti, Julien Bayou ne pourrait pas être exclu du parti avant le 27 avril, date d'un Conseil politique régional d'Ile-de-France. Julien Bayou a donc pris les devants, en faisant part de sa démission. Selon son entourage cité par l'AFP, l'enquête externe réclamée par EELV est "la goutte d'eau" de trop, alors qu'il "s'est déjà soumis à une enquête interne" et qu'il va être entendu par la justice. 

Le fiasco de l'enquête interne

En septembre 2022, Julien Bayou, alors patron du parti écologiste et co-président du groupe à l'Assemblée, s'était déjà mis en retrait et avait dû quitter ses fonctions après de premières révélations de son ex-compagne dans un courriel adressé deux mois plus tôt à la cellule interne d'EELV sur les violences sexistes et sexuelles. La cellule s'était auto-saisie pour enquêter mais six mois plus tard, le groupe écologiste avait acté la fin de la mise en retrait du député, après la clôture de l'enquête interne, faute d'avoir pu entendre la plaignante. Julien Bayou s'était alors estimé "blanchi" et "innocenté". À l'époque, aucune plainte n'avait été déposée ni aucune enquête judiciaire ouverte.


Justine FAURE

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