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Soutien annoncé de Valls à Macron : les curieuses justifications de Nordpresse sur son supposé "piège" tendu au Parisien

Anaïs Condomines
Publié le 14 mars 2017 à 18h35, mis à jour le 14 mars 2017 à 18h40
Soutien annoncé de Valls à Macron : les curieuses justifications de Nordpresse sur son supposé "piège" tendu au Parisien

IMBROGLIO - Le journal satirique "Nordpresse" affirme avoir induit "Le Parisien" en erreur dans l'affaire du soutien de Manuel Valls à Emmanuel Macron, ce que le quotidien nie vigoureusement. Contacté, le site belge "Nordpresse" évoque des mails envoyés à la rédaction voilà quinze jours... sans pour autant en apporter la preuve.

L'histoire a, pendant quelques heures, semé le trouble sur le travail d'enquête du Parisien. Quelques instants après que, dans la soirée du lundi 13 mars, le quotidien a publié des révélations sur un probable soutien de Manuel Valls à Emmanuel Macron, un journal satirique belge est entré dans la danse. Sur sa page Facebook, le site parodique Nordpresse s'est fendu d'un post moqueur laissant sous-entendre que le Parisien serait en fait tombé dans un piège de "faux emails" adressés à la rédaction. 

Des mails... mais pas de preuves

Si Manuel Valls, aussitôt, a tenu à démentir cet éventuel soutien - annonçant dans le même temps qu'il ne souhaitait pas non plus parrainer Benoît Hamon - la rédaction du Parisien, elle, a indiqué sur les réseaux sociaux qu'elle maintenait chaque ligne de son enquête, menée de "sources concordantes".  Interrogé par plusieurs journalistes souhaitant obtenir les preuves de ces affirmations, Nordpresse promettait, en fin de matinée, "un article posté ce soir heure usa" afin de s'expliquer. Contactée par LCI, l'équipe du site satirique a toutefois exposé quelques curieux éléments de réponse. Lors de notre échange par messages, et malgré nos questions, notre interlocuteur n'a pas souhaité confirmer son identité. Nous savons néanmoins que la rédaction virtuelle de ce site parodique est uniquement gérée par son créateur, internaute belge expert en canulars, connu sous le nom de Vincent Flibustier. 

Voici en tout état de cause ce que NordPresse nous répond, afin de justifier ses allégations : "Je suis en vacances pour le moment et je n'ai plus accès à mon PC avec les mails ici, vu qu'ils ont été envoyés de deux adresses bidon, avec un nom bidon chacun." Il poursuit, à propos de ses hypothétiques mails envoyés à la rédaction du Parisien : "En fait, il s'agissait de noms de proches de Valls, mais un peu modifiés. J'ai plus le truc sous la main ni dans la tête mais j'ai modifié un Jean dupont qui existe en Jean Dupond. Histoire de ne pas vraiment faire de l'usurpation d'identité. Les mails datent de quinze jours maintenant, je pige pas trop d'où ça sort. J'imagine qu'après, ils ont commencé à appeler tous les soutiens pour savoir, et que l'un d'eux a fait de l'affabulation."

"Jeter un caillou dans l'étang"

Interrogé sur la démarche d'envoyer ces supposés mails, notre interlocuteur nous assure que c'était pour "jeter un caillou dans l'étang et voir ce qu'il se passe".  Ces messages électroniques - dont il n'est pas en mesure de nous donner la preuve, ont selon lui été envoyés, non pas à l'auteure de l'enquête en question sur le Parisien, mais "à un autre journaliste", dont il a "oublié le nom et n'a pas l'adresse ici". 

Contactée par LCI, la rédaction en chef du Parisien n'a pas souhaité réagir davantage sur cette affaire. 


Anaïs Condomines

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