Pour défendre sa loi immigration, Darmanin pointe les "étrangers délinquants" non expulsables

par V.M
Publié le 10 décembre 2023 à 12h45

Source : TF1 Info

Gérald Darmanin a pointé dimanche les cas de 50 "étrangers délinquants" qui, selon lui, ne peuvent être expulsés à ce jour du territoire.
Une façon pour le ministre de l'Intérieur de défendre sa loi sur l'immigration, qui permettrait selon lui de les expulser.
Un message adressé à la droite alors que ce texte pourrait faire l'objet, lundi, d'une motion de rejet à l'Assemblée.

De nouveaux signaux à la droite. À la veille de l'examen du projet de loi sur l'immigration à l'Assemblée nationale, et d'une séquence politique très risquée pour lui, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a pointé, dimanche sur le réseau social X, 50 "étrangers délinquants" qui, selon lui, ne peuvent pas être expulsés en raison de la législation actuelle. 

Des étrangers "multirécidivistes et, de l'avis de tous, très dangereux", affirme-t-il, que seul le projet de loi immigration permettrait, s'il était adopté, de "renvoyer dans leur pays d'origine". Le ministre déroule une liste de cas, citant des individus condamnés pour "viol sur mineur de moins de 15 ans", "violences conjugales", "viols" ou encore "menaces de mort" sur des policiers. Des personnes qui, pour certaines, sont "arrivées en France avant l'âge de 13 ans" - et qui ne peuvent, selon la loi actuelle, être expulsées. 

Un texte sous le feu des critiques

Les propos de Gérald Darmanin s'inscrivent dans un contexte particulièrement compliqué pour son projet de loi. Malgré les gages donnés à la droite depuis plusieurs semaines, le patron de LR, Eric Ciotti, a martelé samedi qu'il s'opposerait à ce que son groupe parlementaire vote une version autre que celle qui avait été soumise par le Sénat. Les Républicains qui entretiennent le suspense sur la position qu'ils adopteront face à la motion de rejet déposée par les écologistes, lundi à 16 heures, à l'ouverture des débats. 

Les arguments du ministre constituent également une forme de réponse aux critiques sur le fond du projet de loi. Samedi, la Défenseure des droits, Claire Hédon, a fustigé un texte qui constituerait "une rupture dans la protection des droits et des libertés", supprimant "nombre de garanties actuellement prévues pour protéger les droits fondamentaux des étrangers"

Si la motion de rejet était adoptée lundi, la navette parlementaire reprendrait sur la base du texte initialement proposé par le Sénat, sous l'impulsion de la majorité de droite. Ce qui constituerait un camouflet pour la majorité, et tout particulièrement pour Gérald Darmanin. 


V.M

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