Présidentielle 2017 : la "révolution" Mélenchon sur fond de référendum grec

Publié le 5 juillet 2015 à 12h35

COMME TSIPRAS - Le co-fondateur du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, a confirmé dimanche qu'il souhaitait être candidat à la présidentielle de 2017. Prenant exemple sur la gauche radicale en Grèce et le gouvernement Tsipras, engagé dimanche dans un délicat référendum sur la dette.

Un arrière-goût de référendum grec pour relancer la gauche radicale en France et amorcer une candidature à la présidentielle. En clôture du congrès du Parti de gauche (PG), dimanche à Villejuif, son co-fondateur Jean-Luc Mélenchon a lancé les hostilités pour la présidentielle de 2017 appuyant longuement le gouvernement grec d'Alexis Tsipras (Syriza), engagé ce même jour dans une délicate consultation populaire engageant l'avenir européen de la Grèce.

"J'ai dit que c'était mon dernier discours de fin de congrès du PG", a prévenu l'ex-candidat de 2012. "Soit on m'aura donné une autre tâche, soit je serai président de la République." Le leader de "l'autre" gauche,  candidat désormais déclaré à la présidentielle de 2017 , a lancé devant ses militants une nouvelle salve contre le "coup d’Etat financier" contre la Grèce, une formule qu'il avait déjà employée il y a une semaine pour décrire les exigences de la zone euro vis-à-vis du pays membres de l'Union européenne. Ses cibles : Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne qui a appelé les Grecs à voter "oui" au référendum, contre l'avis de leur gouvernement, Christine Lagarde, la patronne du FMI, ou le président du Parlement européen, Martin Shulz, "qui déclare qu'il espère la victoire du 'oui', la fin de l'ère Syriza et un gouvernement de technocrates".

La "complicité stupide" de Hollande

Et par-dessus tout : Angela Merkel, la chancelière allemande, qui "commande" la politique européenne, selon le leader du PG. "La crise, assure-t-il, a été déclenchée de manière délibérée dans l'Eurogroupe par le gouvernement [d'Angela] Merkel avec la complicité stupide de François Hollande."

Face à cette Europe, Jean-Luc Mélenchon a invoqué "la souveraineté nationale" et "populaire". "La République fonde la Nation. Il n'y a rien au-dessus des droits du peuple", a-t-il lâché tout en demandant que la France se batte pour conserver la Grèce dans la zone euro.

2017 dans le viseur

Au-delà de la conjoncture grecque, Jean-Luc Mélenchon a donc placé ses pions pour la présidentielle de 2017. "On voudrait que, comme les autres, je fasse l'effarouché quand on me parle de 2017 ? Ou que j'attende qu'on me supplie ?", a lancé l'ex-candidat du Front de gauche en 2012. 

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2017 : "l'élection fondamentale", a insisté le leader du PG, qui écarte d'emblée toute alliance avec la gauche au pouvoir. Car la campagne aura pour thème "la révolution citoyenne", formule fétiche de Jean-Luc Mélenchon, qui appelle à la mise en place d'une "VIe République" .

En février dernier, le tribun de la gauche radicale se disait "disponible" pour la campagne présidentielle à venir. Il a désormais un pied dedans.


Vincent MICHELON

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