Élection présidentielle 2022

Anne Hidalgo et Yannick Jadot défendent tous les deux un ISF climatique, mais aux contours différents

Justine Faure
Publié le 25 octobre 2021 à 16h30
JT Perso

Source : TF1 Info

PROGRAMMES - Les candidats à l'élection présidentielle Anne Hidalgo (PS) et Yannick Jadot (EELV) défendent tous les deux un ISF climatique taxant les plus riches pour financer la transition écologique. Mais tous deux envisagent la mesure différemment.

Yannick Jadot et Anne Hidalgo, même combat ? Les candidats PS et EELV à l'élection présidentielle sont sans cesse ramenés à leurs points communs, notamment leur sensibilité écologique et sociale. Alors que l'eurodéputé EELV défend depuis plusieurs semaines un ISF climatique, la maire de Paris a fait de même ce samedi 23 octobre, lors du meeting tenu à Lille pour le lancement de sa campagne. 

Mais s'ils semblent défendre la même chose - un impôt sur les plus grosses fortunes destiné à financer la transition écologique - l'analyse de leurs propositions révèlent pourtant des différences. 

Anne Hidalgo propose de rétablir l'ISF et de flécher ses recettes vers "un fond d’accompagnement de la transition écologique, notamment pour les plus modestes", a-t-elle expliqué ce lundi sur franceinfo. Elle souhaite par exemple que cet argent puisse servir à baisser la TVA sur les carburants, mesure qu'elle défend, ou à "rendre l’achat d’une voiture électrique au même niveau que celle d’une voiture thermique (…) pour les ménages les plus modestes"

Cet impôt s'adressera-t-il à tous les ménages autrefois concernés par l'ISF ? "On verra, on va y travailler, il faut peut-être prendre d’autres périmètres", a indiqué l'élue parisienne, qui part du postulat que "les ménages les plus fortunés, les plus riches ou en tout cas les plus aisés, sont ceux qui consomment le plus et qui, de fait, ont le bilan carbone le plus élevé". "Je ne vais pas aller vérifier la nature des consommations de chacune des Françaises et des Français. Je pense qu’il est plus simple de partir du fait que ce sont les ménages les plus aisés qui ont le bilan carbone le plus élevé", a-t-elle ajouté, commentant la proposition de son adversaire Yannick Jadot, qui défend un ISF climatique qui taxerait davantage "le patrimoine financier qui investit dans les énergies fossiles".

Taxer les placements financiers polluants

Les écologistes souhaitent, eux aussi, rétablir l'ISF - en gardant le même taux d'entrée, mais en ajoutant des tranches pour les patrimoines les plus importants et en supprimant les niches fiscales permettant d'être exonéré de cet impôt - et y ajouter un aspect climatique. "L'ISF favorisera l'investissement dans les produits financiers verts via un système de bonus/malus", a expliqué à LCI le porte-parole de Yannick Jadot, Matthieu Orphelin. "En investissant dans un produit vert, l'encours de ce produit sortira de l'ISF. À l'inverse, si une personne soumise à l’ISF fait des investissements dans des secteurs carbonés, elle pourrait bénéficier d'un malus." 

Contrairement au PS, chez les écologistes, le "financement de la transition écologique dépassera largement les recettes de l’ISF", indique Matthieu Orphelin. "On cherche vraiment à ce que les gens se désinvestissent des entreprises néfastes pour le climat et engagent leurs investissements là où c’est plus utile. C’est vraiment un caractère incitatif."

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Selon Greenpeace, "les 1% les plus riches de la planète seraient responsables de deux fois plus d’émissions de CO2 que la moitié la plus pauvre", alors que ce sont les "populations les plus pauvres qui paient le plus lourd tribut au réchauffement climatique".


Justine Faure

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