Élection présidentielle 2022

Présidentielle 2022 : avec au moins cinq candidats en lice, comment la droite va-t-elle départager ses prétendants ?

V.M
Publié le 27 août 2021 à 15h26, mis à jour le 27 août 2021 à 17h36
JT Perso

Source : TF1 Info

L'essentiel

CASSE-TÊTE - Avec cinq candidats déclarés à ce jour, dont l'un, Xavier Bertrand, refuse le principe de la primaire, la droite va devoir trouver une solution pour départager ses concurrents et éviter du duel fratricide à la présidentielle.

La droite française parviendra-t-elle à s'accorder sur un ou une championne avant la présidentielle ? Malgré le renoncement de l'un des principaux candidats potentiels, Laurent Wauquiez, ainsi que du sénateur Bruno Retailleau, la multiplication des prétendants ces dernières semaines éloigne la perspective d'un simple consensus autour d'une personnalité. 

À ce jour, cinq candidats sont en lice pour incarner la droite en 2022 : Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Philippe Juvin, Eric Ciotti et Michel Barnier. Avec, bien sûr, la certitude pour chacun d'être le mieux à même de rassembler la famille de la droite et du centre en 2022. 

Au-delà du nombre de prétendants, l'un d'eux pose une difficulté particulière. Xavier Bertrand, qui s'est lancé il y a déjà plusieurs mois, refuse catégoriquement de participer à une primaire, convaincu qu'il faut rester en dehors de ce processus pour avoir une chance auprès des Français. 

"Les candidatures se multiplient de façon inquiétante et certains candidats expliquent même qu’ils se présenteront sans accepter de règle commune", dénonçait ainsi Laurent Wauquiez jeudi soir, sans citer Xavier Bertrand.

Un calendrier très théorique

En principe, les statuts des Républicains ont anticipé une situation où plusieurs candidats viendraient à se concurrencer... À condition qu'ils s'inscrivent tous dans les règles internes de LR. Le bureau politique du mouvement a ainsi acté le dépôt des dossiers de ces prétendants avant la fin de ce mois d'août. 

Plusieurs scénarios ont été envisagés à partir de là. Le mouvement doit tester les noms de chacun des candidats dans le cadre d'un vaste sondage lancé auprès de quelque 15.000 sympathisants au cours de la première quinzaine de septembre. À l'issue du sondage, soit une personnalité émerge nettement et permet de désigner le candidat, soit - hypothèse probable à ce jour - les concurrents se retrouvent au coude-à-coude. 

Si les scores s'avèrent serrés, il sera alors proposé aux militants de se réunir en congrès le 25 septembre pour choisir le mode de désignation du candidat : primaire ou non, ouverte ou non. En l'absence de primaire, c'est le bureau politique qui décidera. Si, au contraire, les sympathisants font le choix de la primaire, celle-ci devrait être organisée fin octobre, début novembre, avec l'idée d'aboutir à la désignation du candidat dans la première quinzaine de novembre. 

Et après ?

Ce calendrier est loin de tout régler. Car il restera alors à arbitrer le cas Xavier Bertrand, qui n'aura donc pas participé à la primaire et revendiquera aussi le statut de candidat. 

L'un des candidats à la primaire, Philippe Juvin, a suggéré une solution dans un entretien au Huffington Post. Le chef des urgences de Pompidou propose un accord politique avec Xavier Bertrand. "En janvier, s'il est devant dans les sondages, on le soutient. S'il est derrière, c'est lui qui nous soutient", a-t-il avancé. Une solution baroque qui reviendrait donc à lancer un sondage, puis une primaire, puis à nouveau un sondage avec un nouveau candidat... 

"Il y a un moment où chacun sera face à ses responsabilités", voulait croire pour sa part le président centriste de Normandie, Hervé Morin, vendredi sur LCI. "Je pense qu'il y a suffisamment d'intelligence pour que les choses puissent se régler." avant d'avertir toutefois ses alliés de la droite : "si on n'est pas rassemblés au premier tour avec un seul candidat, nous n'avons bien entendu aucune chance d'être au second tour".

"On va faire l'union, la seule question, c’est quand... À droite, on ne nous pardonnerait pas la désunion. Celui qui sera le diviseur sera sanctionné", martelait l'un des prétendants mercredi auprès de LCI. Un air de déjà vu : tout le monde est favorable à l'union sacrée, à condition qu'elle se fasse autour de soi.