Élection présidentielle 2022

Présidentielle 2022 : Christiane Taubira annonce "envisager d'être candidate"

Publié le 17 décembre 2021 à 13h27
JT Perso

Source : TF1 Info

COUP DE THÉÂTRE - L'ancienne ministre de la Justice a révélé dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux "envisager" de se présenter à l'élection de 2022, tout en promettant mettre "toutes mes forces dans les dernières chances de l'union" de la gauche, fragmentée entre une multitude de candidats.

Christiane Taubira n'a levé qu'une partie du suspense qui entourait sa possible participation à la course pour l'Élysée : l'ex garde des Sceaux socialiste a dit vendredi "envisager" sa candidature à la présidence. L’ancienne ministre de la Justice de François Hollande donne ainsi "rendez-vous à la mi-janvier" à ses sympathisants, pour répondre à "l'impasse" d'une gauche plus que jamais divisée, dans une vidéo de trois minutes diffusée sur les réseaux sociaux, à retrouver en tête d'article.

"Il y a des candidatures de grandes valeurs de personnes pour qui j'ai de l'estime et de l'amitié, mais je constate l'impasse", a-t-elle lancé. Et de poursuivre : "J'ai toujours dit que je prendrai ma responsabilité. Pour cela j'envisage d'être candidate de la République Française. Je ne serai pas une candidate de plus. Je mettrai toutes mes forces dans les dernières chances de l'union", à l'heure où la gauche est éparpillée entre plusieurs candidatures, pour un faible total cumulé d'environ 25% des intentions de vote au premier tour. "J'ai toujours dit que je prendrai ma responsabilité", a-t-elle appuyé.

À 69 ans, la native de Cayenne, en Guyane, dit avoir "fait le compte" des "interrogations et attentes" des Français avant de se lancer pour "ouvrir un chemin commun". L'ancienne garde des Sceaux n'a pas fait mention d'une potentielle participation à la Primaire populaire, prévue fin janvier 2022 et qui vise à désigner un candidat unique à la gauche, à l'initiative de la candidate socialiste Anne Hidalgo. La date limite de candidature est fixée au 15 janvier.

"Nous saluons la position de Mme Taubira", se sont félicités auprès de l'AFP ses organisateurs, appelant l'ancienne ministre à "participer au vote de la Primaire populaire" et "faire gagner la justice sociale et l'écologie en 2022".

Une annonce qui divise une gauche déjà fractionnée

"Je pense que ce qu'a dit Christiane Taubira ce matin valide" le projet de primaire, a affirmé quant à elle lors d'une conférence de presse la candidate socialiste Anne Hidalgo. Un projet dont elle a réitéré l'importance à ses yeux, "pour que la gauche puisse porter un projet qui lui permette d'être présente au second tour" de l'élection présidentielle, a-t-elle lancé. "Débattons devant nos citoyens (...) à la loyale, avec celles et ceux qui veulent gouverner ensemble tout comme avec ceux qui ne veulent pas gouverner avec les autres", a-t-elle à nouveau appelé.

Chez les écologistes, deux lignes différentes ont déjà réagi. "C’est bien, elle met les pieds dans le plat de l'union", a applaudi Sandrine Rousseau, finaliste de la primaire écologiste. "Là on commence vraiment (...) à voir un gouvernement de gauche, donc allons-y !", s'est-elle réjoui sur RMC. "J'en ai un peu assez de ces candidatures qui potentiellement s'ajoutent les unes aux autres", a tancé en revanche le candidat écologiste Yannick Jadot qui tenait au même moment une conférence de presse.

"On est à quatre mois de l'élection présidentielle, et à gauche et chez les écologistes on n'arrive pas à parler aux Français", a-t-il ajouté, souhaitant "qu'on arrête les jeux politiciens". "Si le parti socialiste le mois prochain veut organiser sa primaire, libre à lui. (...) Je ne retournerai pas dans une primaire avec un socle programmatique qui n'est pas à la hauteur de notre ambition climatique et sur l'Europe", a-t-il annoncé. Le candidat écologiste avait déjà décliné l'invitation d'Anne Hidalgo à la primaire de la gauche.

Du côté de la France Insoumise, la députée de Paris Danièle Obono a tweeté ce vendredi matin avant l'annonce que "C. Taubira est une personne respectable, mais ce n'est pas une question de personne, c'est une question de fond", estimant que l'"on ne bricole pas un rassemblement de circonstance à 4 mois de l'élection. Ce genre de combinaison politicienne ne va pas convaincre les masses populaires".

"Mmes Hidalgo & Taubira ont fait partie de la majorité de F. Hollande, sont comptables de la politique de droite qu'il a menée, avec pour résultat la Macronie au pouvoir et l'extrême-droite en embuscade. Nous proposons la rupture, elles la continuité et l'accomodement", a-t-elle poursuivi. 

Une popularité intacte mais un électorat qui reste à convaincre

Depuis quelques semaines, l'ancienne députée de Guyane avait multiplié les contacts avec les entourages de plusieurs candidats à gauche, faisant espérer une possible candidature pour les partisans d'une "union". Outre l'ancienne garde des Sceaux, sont également susceptibles d'obtenir les 500 parrainages la socialiste Anne Hidalgo, l'écologiste Yannick Jadot, l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon, le communiste Fabien Roussel ou encore Arnaud Montebourg (La Remontada), Philippe Poutou (NPA) et Nathalie Arthaud (LO).

Malgré de rares apparitions médiatiques, Christiane Taubira jouit toujours d'une popularité intacte auprès de l'électorat de gauche, issue notamment de son combat pour le mariage pour tous en 2013. Une étude Odoxa pour L'Obs publiée il y a une semaine a révélé qu'elle est, à gauche de l'échiquier politique, la figure jugée "la plus compétente", "convaincante" et "proche des préoccupations des Français". Devant Anne Hidalgo et Yannick Jadot.

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Reste pour l'ancienne députée européenne à transformer les attentes d'une partie de la gauche et convaincre plus largement. Testée pour la première fois depuis la proposition d’Anne Hidalgo de primaire, Christiane Taubira est créditée de seulement 2% d'intentions de vote au premier tour, selon un sondage OpinionWay - Mieux voter publié mercredi.

Autre épine dans son pied, tout en assurant que les propos des antivax sont "un ramassis d'imbécillités", elle avait refusé fin septembre d'appeler à la vaccination contre le Covid en Guyane, arguant que donner une consigne alors qu'elle ne disposait pas de suffisamment d'"éléments d'information" risquerait de "décrédibiliser" sa "parole forte". Des propos très critiqués, le ministre de la Santé Olivier Véran évoquant même la "lâcheté" de l'ancienne députée. 

Ce n’est pas la première fois que la Guyanaise se lance dans la course à l’Élysée : en 2002, elle avait été candidate sous les couleurs du Parti radical de gauche (PRG), recueillant 2,32% des voix. 


La rédaction de TF1info

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