Congrès LR : le choix cornélien des soutiens de Michel Barnier, qui ont l'issue du scrutin entre leurs mains

Publié le 3 décembre 2021 à 19h54
Valérie Pécresse et Eric Ciotti, finalistes du congrès LR
Valérie Pécresse et Eric Ciotti, finalistes du congrès LR - Source : JOËL SAGET / AFP

VERS UNE SURPRISE ? - Alors que le report des voix des partisans des trois candidats éliminés au premier tour du congrès LR devrait être favorable à Valérie Pécresse, LCI a constaté que les militants de Michel Barnier rechignaient à la soutenir. Une aubaine pour Eric Ciotti ?

"J'ai choisi Valérie", "mon vote ira naturellement à Valérie Pécresse", "j'ai fait mon choix en faveur de Valérie Pécresse". Au lendemain du premier tour du congrès LR, les militants de Xavier Bertrand contactés par LCI n'ont aucune hésitation : ils voteront pour la présidente de la région Ile-de-France au second tour, comme l'a appelé de ses vœux son homologue des Hauts-de-France jeudi après son élimination. 

Dans ce front anti-Eric Ciotti, il a été rejoint par Philippe Juvin et Michel Barnier. Toutefois, ce dernier a semblé apporter son soutien à Valérie Pécresse à reculons, ne faisant notamment pas l'effort d'apparaître à ses côtés au moment de son discours, contrairement aux deux autres éliminés. Un manque de conviction qui se retranscrit aujourd'hui dans le vote de ses partisans, qui pourraient faire basculer un scrutin à première vue très favorable à la francilienne.

"Michel Barnier n’a pas donné de consigne de vote, il a seulement apporté son soutien à Valérie Pécresse, donc à titre personnel je voterai blanc", nous a indiqué Corentin*, refusant de voir dans la déclaration de son champion une consigne de vote. "Je voterai blanc pour ma part", nous a également glissé Valentin Lagarde, représentant de Michel Barnier dans la Marne. "Les deux candidats qualifiés ont tous les deux leurs points forts et leurs points faibles, mais je préfère laisser mes compagnons militants trancher cette question", a-t-il ajouté. 

Le retour de l'argument de la fidélité au parti

"J’ai décidé de voter blanc", nous a également avoué Julie*. "A mon sens Eric Ciotti n'a pas la posture d’un futur président de la République et ne pourra pas rassembler le centre et la droite pour gagner la présidentielle. Quant à Valérie Pécresse, j’ai beaucoup de mal à saisir sa ligne politique puisqu’elle adapte ses convictions au gré des échéances électorales. Aussi, elle a quitté le parti pour en fonder un nouveau, elle ne sera pas en capacité de rassembler notre famille", a poursuivi cette jeune militante, remettant sur la table l'argument de la fidélité au parti, l'un de ceux sur lesquels Michel Barnier a construit toute sa campagne. "Ses militants sont très à cheval sur le principe d'avoir un candidat n'ayant jamais pris ses distances avec le parti", a analysé auprès de LCI un ancien soutien de Bertrand qui votera Pécresse.

Un autre militant pro-Barnier que LCI avait interrogé dans le passé s'est cette fois-ci montré moins loquace, nous expliquant qu'il avait voté mais ne souhaitait "pas exprimer [sa] préférence publiquement". Nous en avons tout de même trouvé deux prêts à voter pour Valérie Pécresse, mais l'un d'eux nous a précisé qu'il trouvait "dommage de donner des consignes de vote pour des élections internes" et avait seulement voté "en fonction de ce qu'[il pensait] être juste".  

Luc, militant isérois ancien partisan de Michel Barnier qui s'était rallié à Eric Ciotti avant le premier tour, nous a indiqué qu'il avait eu beaucoup de contacts avec des militants de l'ancien négociateur du Brexit "ne comprenant pas son appel à voter Valérie Pécresse alors qu'il a axé sa campagne sur la fidélité au parti. De même, beaucoup d'entre eux en Auvergne-Rhône-Alpes ont voté Barnier du fait de son origine géographique mais se retrouvent dans la ligne politique de Ciotti". "Chez nous en Isère, le président de la fédération, soutien de Michel Barnier, a appelé à voter Valérie Pécresse et la participation des adhérents venant voter à notre siège  est en très nette baisse pour le moment", a-t-il constaté ce vendredi en début d'après-midi.

La participation jouera-t-elle un rôle ? À midi ce vendredi, quatre heures après l'ouverture du vote pour le second tour, 39,2% des inscrits avaient voté, contre 25,4% au même moment lors du premier tour. Un sursaut qui s'explique par le réveil des abstentionnistes du premier tour pour s'engager en faveur de l'un ou l'autre des candidats ? Ou par la mobilisation des électeurs du premier tour désireux de confirmer leurs votes ? Il est également possible de constater que si la fédération de Paris (85%) et celles d'Ile-de-France (87% dans les Yvelines, 85% dans les Hauts-de-Seine) ont beaucoup voté au premier tour, c'était moins le cas des Alpes-Maritimes (76%), bastion d'Eric Ciotti. Permettant à ce dernier de bénéficier d'une plus grande réserve de voix avant ce second tour.

* les prénoms ont été changés


Justine FAURE

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