Élection présidentielle 2022

Critiquée après son meeting, Valérie Pécresse invoque la "misogynie" de ses détracteurs

J.F
Publié le 15 février 2022 à 16h42
JT Perso

Source : TF1 Info

Après avoir reconnu qu'elle n'était pas la meilleure des oratrices, Valérie Pécresse a invoqué la misogynie pour expliquer les critiques qui s'abattent sur elle depuis son meeting de dimanche.
Ses porte-paroles dénoncent également "un fond de misogynie patent" et un système médiatique qui traite mieux les candidats masculins.

Elle continue de se défendre après sa prestation ratée. Dimanche 13 février, le meeting de Valérie Pécresse au Zénith de Paris a été vivement critiqué, notamment sur la forme du discours de la candidate LR. "Si vous voulez des orateurs, il y en a plein dans la campagne, moi je suis une faiseuse", s'est-elle défendue lundi matin sur RTL, au lendemain de l'événement. Un peu plus tard dans la journée, sur BFMTV, la présidente de la région Ile-de-France a cette fois-ci invoqué le machisme.

"Quand Emmanuel Macron fait son premier meeting de sa première campagne, il y a 5 ans, il y a un moment où il fait sa mue en direct, où il se met à crier. Est-ce qu’il a eu les mêmes critiques que moi ? La vérité est toute simple : quand c’est un homme, c’est une erreur de jeunesse, quand c’est une femme, c’est une faiblesse", a-t-elle déclaré. Selon elle, "on a des candidats hommes qui sont les favoris des médias". "Ils ne sont pas forcément les favoris des sondages, mais les favoris des médias parce qu’ils représentent ce qu’ils attendent."

Au sein de son parti, plusieurs ont partagé son analyse, notamment Jean-François Copé. Le maire LR de Meaux a estimé qu'il ne fallait "pas se faire d'illusions" sur le caractère misogyne des critiques faites à Valérie Pécresse. "Les discussions sur la forme me fatiguent. Ça vient de type pas capables d'aligner trois mots à la suite", a également dénoncé son porte-parole Aurélien Pradié dans Le Parisien, y voyant "un fond de misogynie patent". "Pécresse est en train de devenir la femme à abattre pour tous les frustrés de la Terre. Et il y en a aussi chez nous..." 

On ne traite pas de la même manière les candidates et les candidats."

Agnès Evren, porte-parole de Valérie Pécresse

"Comme toutes les autres femmes politiques, on ne passe rien à Valérie Pécresse. On ne traite pas de la même manière les candidates et les candidats. Qui est le plus moqué, ridiculisé ? Hidalgo, Taubira et Le Pen. Avec qui on a une bienveillance sans limite ? Zemmour, Mélenchon, Jadot", a ajouté sa porte-parole Agnès Evren. Dans d'autres camps aussi, on invoque le sexisme pour expliquer le déferlement de critiques qui pleut sur Valérie Pécresse, comme l'écologiste Sandrine Rousseau. 

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En revanche, l'argument ne fait pas mouche chez tout le monde. Henri Guaino, ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy - qui se refuse toujours à apporter son soutien à la candidate de son parti - a déclaré ce mardi sur LCI : "C’est le pire argument qu’elle pouvait trouver. Hier matin, elle dit 'je ne suis pas une oratrice'. Pourquoi pas, c’est un argument qui exprimait une forme d’humilité. Je ne sais pas quel est le génie de la communication qui lui a soufflé l’argument de la misogynie, mais le meeting était raté, tout le monde l’a reconnu. On ne peut plus critiquer parce que c’est une femme ?"


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