"Élisez-moi Premier ministre" : l'appel de Jean-Luc Mélenchon pour les législatives

Publié le 19 avril 2022 à 20h39

Source : JT 20h WE

À cinq jours du second tour de l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon voit déjà au-delà.
Le candidat malheureux du premier tour aspire à gouverner à l'issue des élections législatives.
Pour avoir une majorité, l'Union populaire doit passer "de 11 à 13 millions d'électeurs", selon le leader insoumis.

Jean-Luc Mélenchon veut battre le fer tant qu'il est chaud. Éliminé au premier tour avec près de 400.000 voix manquantes, l'ex-candidat insoumis lance d'ores et déjà la bataille des élections législatives, quitte à passer outre le second tour Macron-Le Pen qui se joue dans seulement cinq jours. 

L'objectif, pour lui, est d'obtenir ni plus ni moins qu'une majorité aux élections législatives de juin, et par cette occasion de devenir le Premier ministre de cohabitation du prochain président de la République, qu'il s'agisse de Marine Le Pen ou d'Emmanuel Macron. 

"Je demande aux Français de m’élire Premier ministre, avec une majorité pour l'Union populaire", a-t-il lancé mardi sur BFMTV. "Il y a un troisième tour et tout sera sacrifié de ma part à cet objectif. Soyez 11, 12, 13 millions, rassemblez-vous."

En cas de cohabitation, c'est le président de la République qui nomme le Premier ministre, mais le gouvernement doit être l'émanation de la majorité à l'Assemblée nationale. Ce fut le cas lors des deux épisodes de cohabitation qu'a connus la France, entre 1986 et 1988, et entre 1998 et 2002. 

Mélenchon n'a pas encore décidé s'il serait candidat aux législatives

Jean-Luc Mélenchon s'est aussi adressé à ses soutiens, les invitant à se remobiliser. "Ne cultivez pas les rancœurs, pas de vengeance, pas d’acrimonie, rassemblez-vous", a intimé l'ancien candidat, fidèle à sa position de rejeter toute voix pour Marine Le Pen le 24 avril, sans pour autant appeler à voter pour Emmanuel Macron. 

Le député LFI fait l'analyse d'un pays divisé "entre trois blocs à peu près égaux", un bloc "de droite et libéral", un bloc nationaliste et son Union populaire. "Et il y a un 4e bloc", a-t-il ajouté, évoquant les "12 millions d'abstentionnistes". "Une seule méthode saute aux yeux : l'Union populaire doit convaincre les abstentionnistes pour créer un bloc central."

Selon Jean-Luc Mélenchon, il faudrait faire passer le bloc de l'Union populaire de 11 millions d'électeurs au premier tour de la présidentielle à 13 millions d'électeurs lors des législatives pour lui permettre d'obtenir une majorité, et donc de gouverner le pays. "Ce sont les Français qui décident de qui va être le chef du gouvernement", a insisté le leader insoumis. "Si on veut, on peut, ce n'est pas un trou de souris."

Jean-Luc Mélenchon a indiqué qu'il n'avait pas encore décidé s'il se présenterait aux élections législatives, reconnaissant avoir eu des difficultés, lors du précédant mandat, à honorer ses obligations à Marseille, où il est élu. "Je ne sais pas encore, nous allons trancher dans les jours qui viennent", a-t-il évacué. Tout en précisant : "Pas besoin d'être élu député pour être Premier ministre"


Vincent MICHELON

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