Le candidat ruraliste avait mis en scène son abstention dans un bureau de vote de Lourdios-Ichère dans une vidéo diffusée dimanche.
Le Conseil constitutionnel avait décidé d'annuler les suffrages de la commune.
Jean Lassalle s'est finalement excusé, déplorant "le plus grand déshonneur" qu'ait connu le village selon lui.

La séquence avait largement fait réagir sur les réseaux sociaux : dans une courte vidéo partagée dimanche sur son compte Twitter, visionnée près de 650.000 fois, l'ancien candidat à la présidentielle Jean Lassalle a mis en scène son abstention dans un bureau de vote de sa commune de Lourdios-Ichère, où il a été maire pendant plusieurs décennies. Le député des Pyrénées-Atlantiques, éliminé au premier tour du scrutin, s'y montrait souriant au moment de passer dans l'isoloir, puis refusait de glisser son bulletin dans l'urne, affirmant réaliser là "l'un des actes les plus importants".

Mimant le geste du vote, il s'était ensuite ravisé et avait glissé son "bulletin blanc" dans sa poche, se déclarant "abstentionniste devant l'urne". Le geste aura valu aux habitants du village de voir leurs suffrages annulés par le Conseil Constitutionnel. Ce jeudi, Jean Lassalle s'est finalement excusé dans une lettre adressée à Laurent Fabius, président du Conseil Constitutionnel.

"Je demande pardon [...], à l'ensemble des citoyens de la commune, pour le plus grand déshonneur qu'ils ont à essuyer, à cause de moi, depuis que la commune existe", a écrit le député dans ce texte publié sur les réseaux sociaux. "Je le ferai personnellement auprès de chacun d'entre eux."

Le député se dit prêt à "payer les éventuelles conséquences prévues par la loi"

L'ancien candidat se dit même prêt à "répondre de (son) acte et à en payer les éventuelles conséquences prévues par la loi : peine de prison, retrait de mes droits civiques, amendes...", pour peu que le Conseil lève ses sanctions contre le village béarnais dont il a été maire pendant quatre décennies, "qui n'y est strictement pour rien". Il y appelle aussi les Sages à "faire engager sans délai les poursuites pénales" évoquées. En annonçant mercredi l'annulation des votes de Lourdios-Ichère, le Conseil constitutionnel avait en effet dit envisager d'"éventuelles poursuites pénales".

L'autorité lui reprochait de ne pas avoir respecté la période de réserve en vigueur jusqu'à 20 heures dimanche, mais estimait aussi dans son rapport que le message de Jean Lassalle "été de nature à altérer la sincérité du scrutin dans cette commune", compte tenu de "sa notoriété à Lourdios-Ichère et de sa qualité de député et d'ancien maire".

D'après les résultats du ministère de l'Intérieur, 80,15% des habitants du village inscrits sur les listes électorales avaient voté lors du second tour. Les 90 suffrages exprimés avaient donné la faveur au président réélu Emmanuel Macron, à 57,78%. Jean Lassalle, qui avait remporté plus d'un million de voix et 3,13% des suffrages lors du premier tour sous l'étiquette de son mouvement Résistons!, avait quitté ses fonctions de maire en 2017.


M.L avec AFP

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