Présidentielle : l'apprentissage à 12 ans ? Emmanuel Macron dénonce une "fake news" de l'opposition

Publié le 4 avril 2022 à 11h43, mis à jour le 4 avril 2022 à 12h56

Source : JT 20h Semaine

Défendant un projet contesté sur une réforme de l'éducation, Emmanuel Macron a dénoncé une "fake news" propagée par Jean-Luc Mélenchon.
Le président-candidat a assuré qu'il ne souhaitait pas que les jeunes puissent entrer en apprentissage dès l'âge de 12 ans, contre 16 actuellement.

Rétropédalage ou incompréhension ? Pour Emmanuel Macron, le sujet est clair : il n'a jamais voulu l'abaissement de l'âge légal pour entrer en apprentissage. Profitant de son passage sur France Inter, ce lundi 4 avril, le président sortant a dénoncé une "fake news" et a assuré qu'il n'avait jamais proposé une telle mesure. "Jamais je n'ai dit qu'à 12 ans, il fallait mettre des jeunes en apprentissage. J'ai dit qu'il fallait permettre à des enfants de connaître des métiers. Ça n'a rien à voir", a-t-il affirmé avec force. 

Une mesure qui n'est pas inscrite dans son programme

Pourtant, durant ce dernier week-end avant le premier tour, durant lequel plusieurs candidats tenaient un ultime meeting, le président-candidat a été plusieurs fois attaqué sur cette proposition. "Comment a-t-il pu imaginer envoyer un gosse de 12 ans à l'apprentissage ? Quoi qu'il arrive, cela n'aura pas lieu, car les conventions internationales signées par la France interdisent qu'on envoie au travail un enfant avant la fin de la scolarité obligatoire, et en France, c'est 16 ans", a déclaré avec force Jean-Luc Mélenchon, devant une foule de plus de 25.000 personnes, selon LFI, réunie sur la place du Capitole à Toulouse.

De même du côté d'Anne Hidalgo, qui tenait un dernier rassemblement au Cirque d'Hiver à Paris et qui a particulièrement visé Emmanuel Macron. "Qui promet de reculer à 65 ans l’âge de la retraite ? Qui veut forcer les allocataires du RSA à travailler pour un salaire inférieur au SMIC ? Qui veut orienter vers l’apprentissage dès l’âge de 12 ans nos enfants ? Qui dit aux professeurs : si vous voulez gagner plus, il faudra vous mettre au travail comme s’ils se tournaient les pouces ?", a-t-elle interrogé, dénonçant pêle-mêle des propositions du programme d'Emmanuel Macron.

Sauf qu'effectivement, l'abaissement de l'âge pour l'apprentissage n'est pas inscrit dans le programme du président sortant. Sur le site du candidat, concernant l'apprentissage, Emmanuel Macron exprime son souhait d'une "réforme de l'apprentissage pour le rendre plus attractif". Parallèlement, le candidat veut que les élèves soient mieux orientés, et ce, dès la 4e. 

L'erreur est cependant survenue alors qu'il était interpellé par un habitant de Fourras, lors de son déplacement jeudi 31 mars dans cette ville de Charente-Maritime. Dans une vidéo, partagée sur Twitter par le compte de l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron, le restaurateur demandait au candidat ce qu'il comptait faire pour lui permettre de régler les problèmes qu'il rencontrait pour embaucher. Le président sortant rappelait alors sa réforme de l'allocation chômage, et sa volonté de former et de faire connaître ses métiers. "On a besoin de mieux faire connaître vos métiers. Et donc alternance, apprentissage et orientation dès la 5e pour connaître, faire connaître ces métiers", expliquait le président-candidat, provoquant l'ambiguïté. 

La réponse du président sortant avait d'ailleurs provoqué de nombreux réactions indignées d'internautes, jusqu'à être reprise ce weekend par les candidats à la présidentielle. Face à l'accusation de "fake news" de la part d'Emmanuel Macron visant en particulier Jean-Luc Mélenchon, la défense de La France insoumise ce lundi s'est activée. "Et il ose parler de #fakenews ? Imposteur !", a riposté sur Twitter le député LFI Bastien Lachaud à l'endroit du président-candidat : "Il a déjà fait #Parcoursup et la réforme du #bac, et il s'imagine qu'on ne le voit pas venir ?"


Aurélie LOEK

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