Présidentielle 2022 : la gauche a-t-elle déjà été aussi basse dans les sondages à quatre mois du premier tour ?

Publié le 9 décembre 2021 à 17h03

Source : TF1 Info

CALCULS - Le cumul des scores de la gauche dans les sondages est faible, peinant à atteindre les 25%. Une situation inédite, ou qui s'est déjà observée dans le passé ?

Dans le dernier sondage Ifop pour LCI et Le Figaro publié lundi 6 décembre, le cumul des intentions de vote des sept candidats de la gauche à la présidentielle est égal à 25%. Autant que le score attribué au seul Emmanuel Macron, et pas si loin des 17% crédités à Valérie Pécresse et Marine Le Pen. Mercredi face à cet éparpillement, Arnaud Montebourg et Anne Hidalgo ont appelé à l’union, le premier en se disant prêt à "offrir" sa candidature à un projet et un candidat commun, la seconde en appelant à l’organisation d’une primaire à gauche.

Mais la situation de la gauche est-elle si désespérée et préoccupante ? Ces faibles scores dans les sondages sont-ils si inhabituels à quatre mois d'une présidentielle ? LCI a remonté le passé et a analysé les sondages des mois de décembre 2006, 2011 et 2016. 

Le 6 décembre 2006, la Sofres crédite Arlette Laguiller et Olivier Besancenot de 3,5% d'intentions de vote, la communiste Marie-George Buffet et l'écologiste Dominique Voynet de 2%. La candidate socialiste Ségolène Royal atteint 33%, à égalité avec le candidat UMP Nicolas Sarkozy. Pour un total de 44% pour l'ensemble de la gauche. Dans des enquêtes Ipsos et CSA publiées les 11 et 13 décembre, Ségolène Royal obtient 32 et 31% des suffrages, et l'ensemble de la gauche 41,5 et 43%. Deux nouveaux candidats se sont ajoutés au mois de janvier - Gérard Schivardi et José Bové - et les scores de la candidate socialiste ont baissé, mais le dernier sondage avant le scrutin donnait encore à la gauche un total de 34,5% des suffrages.

Des candidats dispersés, sans leader

En décembre 2011, l’ensemble de la gauche oscillait entre 38,5 et 48% (BVA du 6 décembre), François Hollande atteignant jusqu’à 35% d’intentions de vote, quand dans le dernier sondage Ifop pour LCI, le plus fort est Jean-Luc Mélenchon, avec 9%. En décembre 2016, la gauche était donnée aux alentours de 35/40%, mais avec l’hypothèse Manuel Valls et non Benoît Hamon, finalement vainqueur de la primaire socialiste, et avec Yannick Jadot, qui s’est ensuite rallié au candidat socialiste. Une fois Benoît Hamon désigné candidat, fin janvier 2017, la gauche était donnée à un peu moins de 30%. 

Ce jeudi dans Le Parisien, le directeur général de l’Institut Ipsos-Sopra Steria Brice Teinturier explique que ce qui est mortel pour la gauche aujourd'hui, c'est sa dispersion, et l'absence de personnalité motrice. Le problème "ce n’est pas tant la dispersion, c’est la dispersion sans un candidat dominant", explique-t-il. "Les deux cumulés, ça produit un effet qui est terrible pour la gauche. Il y a déjà eu dans l’histoire, comme en 1981, beaucoup de candidats de gauche. Mais le candidat du PS était dominant, donc il organisait le rassemblement derrière lui. Le problème, c’est la dispersion et la faiblesse de ses candidats."


Justine FAURE

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