Élection présidentielle 2022

"La mue de polémiste à candidat ne s'est pas faite" : sur LCI, Marine Le Pen propose à Eric Zemmour de "se rassembler"

par Frédéric SENNEVILLE
Publié le 28 novembre 2021 à 14h25
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Source : Le Grand Jury

RASSEMBLEMENT - Invitée ce dimanche du Grand Jury LCI-RTL-Le Figaro, au lendemain du doigt d'honneur adressé à Eric Zemmour à une manifestante à Marseille, la candidate du Rassemblement National a appelé le polémiste à la rallier pour espérer une victoire de "la famille nationale".

"J'ai envie de lui dire que, après tout, on peut servir son pays de mille façons", a suggéré la candidate du Rassemblement National à Eric Zemmour, "dans mille fonctions... autres que celle de candidat à la présidence de la République". Invitée du Grand Jury, Marine Le Pen n'a pas manqué l'ouverture que lui donnait la mauvaise séquence du candidat supposé Eric Zemmour. 

Au lendemain de la visite calamiteuse de celui-ci à Marseille, qui a vu le polémiste tendre un "doigt d'honneur" à l'intention d'une manifestante, l'ex-présidente du RN l'a ainsi appelé à "se rassembler", usant non sans plaisir de l'ambivalence de l'expression. 

Quand on souhaite être président de la République, il faut être capable de garder son calme

Marine Le Pen, à propos d'Éric Zemmour

"Quand on souhaite être président de la République", a encore jugé Marine Le Pen au Grand Jury, "il faut être capable de garder son calme, de maîtriser son 'instinct', puisqu'on parle d'instinct". Selon celle qui a entamé sa troisième campagne électorale en vue des présidentielles, "la mue de polémiste à candidat ne s'est pas faite"

Requinquée par de récents sondages qui la donnent devant son rival, elle estime qu'"il est temps de faire le rassemblement", c'est-à-dire la rejoindre en vue d'un scrutin où elle estime avoir ses chances si Eric Zemmour ne s'y présente pas. "Il est maintenant clair que s'il n'est pas candidat", suppose Marine Le Pen, "je serai devant Emmanuel Macron au premier tour". Selon elle, "une grande partie des électeurs" attribués à Eric Zemmour par les sondages, devraient la rejoindre s'il se désistait : "Compte tenu du fait que je suis donnée actuellement à 46% au second tour", pronostique la candidate, "je pense que la 'famille nationale' a la possibilité de gagner cette élection présidentielle".

Attaquée par Gérald Darmanin, elle riposte

La candidate du Rassemblement National, si elle a consacré une partie de sa tribune à tendre (à nouveau) la main à celui qui n'est officiellement pas encore candidat, a réservé ses piques les plus acérées au gouvernement, et particulièrement à Gérald Darmanin. "C'est assez scandaleux qu'un ministre de l'Intérieur qui a des résultats aussi pitoyables, minables", s'est-elle enflammée, "en matière de lutte contre l'insécurité ou contre l'islamisme, que Monsieur Darmanin, se permette d'user de ce type de vocabulaire". La candidate RN réagissait ainsi aux propos du ministre de l'Intérieur l'associant aux "accélérationnistes", un courant qui prophétise la guerre civile pour la provoquer. "Je trouve que ces attaques sont outrancières et indignes de la part d'un ministre de l'Intérieur", a contre-attaqué Marine Le Pen, "car elles ne se fondent sur aucune réalité"

Vers une alliance avec Eric Ciotti ?

En toute fin d'émission, la candidate RN a aussi tendu assez explicitement une perche à Eric Ciotti, actuellement candidat à l'investiture du parti Les Républicains. "Je le connais", a-t-elle confié, "nous avons été amenés à travailler ensemble à l'Assemblée nationale". Marine Le Pen a reconnu, à propos du député LR des Alpes-Maritimes que "dans le domaine de la sécurité, [il] a un positionnement et des propositions qui se rapprochent beaucoup des nôtres". Sans répondre directement à l'hypothèse de lui promettre le portefeuille de l'Intérieur en cas d'alliance, elle a cependant évoqué un "gouvernement d'union nationale", "pour que tous ceux qui veulent participer au redressement du pays me rejoignent".


Frédéric SENNEVILLE

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