La semaine dernière, l'ancienne députée du Vaucluse Marion Maréchal avait annoncé son soutien au candidat de Reconquête!.
Invitée, ce dimanche, du Grand Jury, la nièce de Marine Le Pen récuse "une trahison" contre son ancien parti, le Rassemblement national.

Marion Maréchal est un atout majeur de la campagne d'Éric Zemmour. La semaine dernière, l’ancienne députée du Vaucluse, reconvertie depuis 2017 en directrice d’école, a officialisé, à Toulon (Var), son soutien au candidat d'extrême droite. Depuis, les cadres du Rassemblement National, l'ancien parti de la nièce de Marine Le Pen, ne mâchent pas leurs mots et dénoncent une trahison.

Invitée du Grand Jury, ce dimanche 13 mars, Marion Maréchal réfute ces accusations. "Je n'ai trahi personne", appuie-t-elle face aux journalistes du Figaro, de RTL et de LCI/TF1. "En 2017, j'ai quitté le Rassemblement national, j'ai démissionné de mon mandat de conseiller régional, je ne me suis pas représentée à la députation", explique-t-elle. En somme, "j'ai laissé toutes mes fonctions locales et nationales", avant de déclarer, trois ans plus tard, qu'elle "ne réintègrerait pas le mouvement" de sa tante.

"Il y a un manque de clarté et de squelette"

"À moins de considérer que parce que j'appartiens à la famille de Jean-Marie Le Pen, j'aurais une espèce de devoir quasi génétique à l'égard du Rassemblement national, je n'ai pas le sentiment d'avoir trahie qui que ce soit", rétorque-t-elle, avant de retourner les attaques contre sa tante.

"Lorsque j'étais au Rassemblement national, Marine Le Pen n'a pas hésité à imposer la ligne qu'elle croyait juste en dépit de nos relations familiales ou à l'égard de son père", qu'elle a exclu de la présidence du parti. "À l'époque, c'était une décision avec laquelle je n'étais pas d'accord", se rappelle l'ancienne députée. "Ces choix étaient pourtant légitimes en politique : faire passer ses convictions politiques avant tout". Aujourd'hui, "je ne suis pas dans une position différente", continue-t-elle.

Fin janvier, la nièce de Marine Le Pen avait commencé à mettre en scène son retour dans la vie politique, et n'hésitait déjà pas à dire tout le bien qu'elle pensait d'Éric Zemmour. "Il n'est pas un homme politique comme un autre. C'est un intellectuel (...) et aujourd'hui, il a fait sa mue. Je viens parce qu'il a une vision, une cohérence, un courage intellectuel", ajoute-t-elle, ce dimanche, lors du Grand Jury.

Au contraire, fait-elle savoir, "j'ai du mal à savoir ce que veut Marine Le Pen. Il y a un manque de clarté et de squelette", appuie Marion Maréchal, citant pêle-mêle les changements de position de sa tante "sur la sortie de l'Union européenne, la restauration de la peine de mort", ou encore le volet des retraites. "Je suis perturbée", cingle-t-elle.

Toutefois, créditée à 17,5 % des intentions de vote dans les derniers sondages, la candidate du Rassemblement national reste loin devant Éric Zemmour (12,5 %) et est la plus à même de se qualifier pour le second tour.

"Vous savez qui va être au second tour ?", lâche l'ancienne députée. "Éric Zemmour est le candidat qui a la plus grande certitude de vote" contre la menace de l'abstention, assure-t-elle. "L'écart qu'il y a entre lui et Marine Le Pen, c'est la marge d'erreur que l'on retrouve dans les sondages." Aussi, pour celle qui "veut garder sa liberté de ton", il n'y a pas de doute à avoir : "Éric Zemmour est capable d'aller au second tour et de créer la surprise."


Léa COUPAU

Tout
TF1 Info