Élection présidentielle 2022

Présidentielle 2022 : face au Covid-19, la campagne se déplace sur le terrain des réseaux sociaux

Justine Faure
Publié le 28 décembre 2021 à 17h55, mis à jour le 30 décembre 2021 à 22h22
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

CAMPAGNE 2.0 - La crise sanitaire menace l'organisation des meetings et pousse les candidats à l'élection présidentielle à revoir leur stratégie de campagne et à investir le numérique. Sur ce terrain, qui a pris le plus d’avance, et qui est le plus puissant ?

Pas de meeting, des déplacements limités et des opérations de terrain empêchées : chamboulée par l’épidémie de Covid-19, la campagne pour l'élection présidentielle 2022 s’annonce inédite. Pourtant, elle aura bien lieu aux dates prévues, les 10 et 24 avril 2022, a assuré le gouvernement. Alors pour continuer à faire connaître leurs programmes aux Français, les candidats et leurs équipes sont forcés de s’adapter et d’imaginer une campagne plus numérique que prévue.

Le 7 décembre dernier, un porte-parole d'Anne Hidalgo assurait à LCI que le PS se tenait "prêt à imaginer des alternatives, notamment des meetings numériques, dès le mois de janvier". Ce même jour, alors que Valérie Pécresse venait d'annuler son meeting d'investiture prévu une semaine après sa victoire au congrès républicain, un membre de son entourage expliquait à LCI : "nous avons l'expérience des régionales, où nous avons beaucoup mobilisé les réseaux sociaux, tenus des réunions virtuelles et mené des actions de terrain". Selon l’entourage de la candidate cité par Le Monde, se passer de meetings, "qui n’attirent que des convaincus", n’est pas nécessairement un handicap, la télévision et les réseaux sociaux permettant de toucher plus de gens.

C'est l'avis du spécialiste en droit public Benjamin Morel. "On a tendance à surestimer le poids de ces rassemblements qui ne réunissent que des soutiens d’un candidat. (…) D’abord, l’objet d’un meeting est d’attirer les caméras. L’efficacité du meeting tient à sa reprise et à sa mise en récit par les médias", a-t-il expliqué au Figaro. Mais certains souffriront plus que leurs adversaires de ces annulations. "Jean-Luc Mélenchon, qui excelle dans cet exercice, pourraient en pâtir, d’autres, comme Valérie Pécresse, en profiter". Cela avantagera également les candidats des petits partis car "un meeting coûte cher, alors qu’une émission de télévision ne coûte rien au candidat. Dès lors, cela devrait permettre aux formations les plus désargentées de lutter un peu plus à armes égales avec les grands partis".

Outre la télévision, média incontournable que les candidats investissent dès qu'ils le peuvent en répondant à des interviews, participant à des émissions politiques ou proposant des débats, les réseaux sociaux vont avoir un rôle important à jouer. Mais là encore, les stratégies diffèrent et tous les entourages ne lui accordent pas la même importance. Le porte-parole du Rassemblement national Philippe Ballard estime que "les réseaux sociaux ne sont pas l’alpha et l’oméga d’une campagne électorale" et que parce qu'elle touche une minorité de la population, cette communication vient en complément des médias traditionnels. En revanche Samuel Lafont, en charge de la stratégie numérique d'Eric Zemmour, estime que "le numérique est très efficace politiquement"

Jean-Luc Mélenchon à la pointe sur les nouveaux réseaux sociaux

Tous n'occupent pas non plus les mêmes réseaux sociaux. Jean-Luc Mélenchon a toujours été à la pointe, le premier (et parfois toujours le seul) à investir des plateformes comme Twitch, TikTok ou les lives Twitter. De tous les candidats, c'est lui qui a le plus d'abonnés sur YouTube (621.000), où ses vidéos sont très vues. Sur les réseaux les plus "classiques" et les plus puissants, c'est Emmanuel Macron qui supplante ses futurs concurrents, sa fonction lui donnant un atout considérable. Il compte ainsi 7,5 millions d'abonnés sur Twitter (en seconde position, Marine Le Pen est à 2,6 millions), 2,7 millions d'abonnés sur TikTok contre 870.000 pour le leader insoumis, 2,7 millions d'abonnés Instagram contre moins de 200.000 pour la candidate du RN et seulement 15.000 pour Yannick Jadot. 

C'est toujours sur Facebook que les politiques ont le plus grand nombre d'abonnés. 3,7 millions pour le président de la République, 1,5 million pour Marine Le Pen, 1,1 million pour Jean-Luc Mélenchon, selon les comptes tenus par Les Echos. Pourtant selon France Inter, les petits candidats d’extrême droite comme Nicolas Dupont-Aignan (335.000 abonnés) et Florian Philippot (188.000) sont ceux qui créent le plus d’interactions. Depuis le début de l’année 2021, leurs publications ont suscité respectivement plus de 12,3 et 10,6 millions d’interactions (commentaires, partages, réactions). Emmanuel Macron est à 6,8 millions. Au mois de novembre, Eric Zemmour a fait une entrée fracassante en deuxième position du classement (1,2 million d’interactions) derrière Nicolas Dupont-Aignan et suivi de Marine Le Pen (1,1 million).

La stratégie de ces derniers est de publier le plus possible – jusqu’à dix fois par jour – pour multiplier leurs chances d’être repris ou commentés. Si l'on rapporte le nombre d’interactions au nombre de publications, c'est Emmanuel Macron qui est le meilleur. Mais performance et visibilité sur les réseaux sociaux ne veut pas dire succès dans les urnes. 


Justine Faure

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