Élection présidentielle 2022

Salaire des enseignants : le "chantier de l'école" du candidat Macron divise

Idèr Nabili
Publié le 18 mars 2022 à 17h16
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Emmanuel Macron a présenté, jeudi, les différentes mesures de son programme dans sa quête de réélection.
Il souhaite notamment un "pacte nouveau pour les enseignants" : une meilleure rémunération en échange de missions supplémentaires.
Un projet qui peine à convaincre les principaux concernés.

Emmanuel Macron veut faire de l'école l'une des priorités d'un éventuel nouveau quinquennat. Le président-candidat a dévoilé, jeudi 17 mars au cours d'une conférence de presse de près de quatre heures, son programme pour les cinq ans à venir. Il entend mener "une large concertation pour discuter de la meilleure manière d'atteindre les objectifs fixés" au niveau de l'Éducation nationale. "On va mieux former, donner les mêmes chances à tous, faire confiance et mieux reconnaître les enseignants", assure le candidat Macron.

Pour ce faire, il souhaite œuvrer pour mettre en place un "pacte nouveau pour les enseignants", à qui il veut confier "de nouvelles missions" comme "le remplacement de professeurs absents". "Nous devons aux élèves et à leurs parents l'intégralité des heures d'enseignements", insiste-t-il. "Cela doit être une quasi-obligation, mais nous devons mieux rémunérer ces heures mobilisées."

De meilleures rémunérations à la carte

Emmanuel Macron propose aussi aux Français un "suivi plus individualisé des élèves, notamment pour l'aide aux devoirs ou l'accompagnement personnalisé, en valorisant des nouvelles missions qui ne sont pas que celles de l'instruction dans la classe". Il promet de "meilleures rémunérations pour toutes celles et ceux qui s'engagent sur ces nouvelles missions". En revanche, le président sortant juge "difficile" d'augmenter les rémunérations des professeurs "qui ne sont pas prêts à faire plus d'efforts".

Ce qui n'est pas du goût des syndicats enseignants. "Ce discours méconnaît totalement la réalité de ce que nous faisons", déplore sur RMC Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjoint du SNES-FSU, la première organisation syndicale. "Un enseignant travaille actuellement 42,53 heures par semaine en moyenne", assure-t-elle. "Ce n'est pas une revalorisation. Où va-t-on mettre ce temps de travail supplémentaire ?"

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Dans son programme, le candidat Macron propose également "plus de transparence pour les élèves et les parents". Pour cela, il souhaite que "les résultats des évaluations" soient rendus publics "pour voir les résultats au niveau de la classe, de l'établissement, afin de nous améliorer collectivement".

"Doit-on vraiment rentrer dans une forme de compétition entre établissements publics ?", se demande, sur les mêmes ondes, Didier Georges, secrétaire national du syndicat SNPDEN-UNSA, la deuxième organisation syndicale. "Il créerait implicitement une école à deux, trois ou quatre vitesses. Il n'y a pas besoin de ça. L'enjeu, c'est l'équité de traitement."


Idèr Nabili

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