Pourquoi Le Pen, Mélenchon et Roussel vont-ils tous faire campagne en Outre-mer ?

Publié le 14 décembre 2021 à 18h40
Pourquoi Le Pen, Mélenchon et Roussel vont-ils tous faire campagne en Outre-mer ?
Source : JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

PRESIDENTIELLE 2022 - Ces prochains jours, trois candidats font campagne en Outre-mer. Des visites loin d'être anodines à quatre mois du premier tour de l'élection.

Non, ils ne vont pas profiter des températures clémentes des DOM-TOM. Ces prochains jours, trois candidats à la présidentielle s'envolent pour les Outre-mer : Marine Le Pen se rend à Mayotte du 16 au 18 décembre puis à La Réunion du 19 au 21, où ira aussi Fabien Roussel du 16 au 21. Jean-Luc Mélenchon a choisi l'océan Atlantique puisqu'il est attendu en Guadeloupe du 14 au 16, puis en Martinique à partir du 17 décembre. Pourquoi choisissent-ils de se rendre maintenant dans ces territoires ?  

La première raison, c'est qu'il s'agit d'une période de l'année où les candidats ont encore le temps de se rendre aussi loin, sur une période aussi longue. Dès janvier 2022, avec l'accélération de la campagne, il ne leur sera plus possible de s'absenter aussi longtemps de métropole. Déjà en décembre 2016, Marine Le Pen s'était rendue à La Réunion, à Mayotte et en Guyane, où elle avait notamment parlé immigration.

Car pour chaque candidat, le choix des territoires n'est pas anodin. Si Marine Le Pen se rend de nouveau à Mayotte, c'est une nouvelle fois pour évoquer les problèmes d'immigration de cette île de l'océan Indien. Ce mardi 14 décembre, dans une conférence de presse consacrée à ces déplacements, la candidate du Rassemblement national a promis de redonner à l'Outre-mer une "place centrale" si elle était élue, proposant à nouveau d'y consacrer un "grand ministère d'Etat" et d'y lutter contre "l'immigration illégale"

Les problèmes d'accès à l'eau au programme de La France insoumise

Fabien Roussel, qui s'est déjà déplacé en Guyane en novembre, pourra redemander le plan d'urgence qu'il réclame pour l'Outre-mer, très éprouvé par la pandémie de Covid-19, sur le modèle de celui qui a été accordé à Marseille. Avant l'aggravation des échauffourées aux Antilles, il avait prévenu que "le risque [était] immense d'un soulèvement populaire en Outre-mer, synonyme de blocage économique et institutionnel"

En Guadeloupe et en Martinique, Jean-Luc Mélenchon rencontrera des personnels soignants et pourra évoquer les problèmes d'accès à l'eau, dont il a fait un axe important de sa campagne. Lundi, le leader des insoumis et la cheffe du groupe LFI à l'Assemblée Mathilde Panot avaient indiqué avoir saisi la défenseure des droits sur la "violation du droit à l'eau" pour la population de la Guadeloupe. "Le droit à l’eau et à l’assainissement de nos concitoyens y est bafoué, entraînant la violation en cascade de droits fondamentaux connexes : notamment le droit à l’éducation et le droit à la protection de la santé", écrivaient-ils, alors qu'en Guadeloupe 56% de la population n'est pas raccordée à un réseau d’assainissement.

Enfin, en allant courtiser les élus locaux de ces territoires souvent délaissés, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon qui sont en difficulté pour recueillir des parrainages, espèrent engendrer quelques signatures auprès des 212 maires des territoires d'Outre-mer. Surtout qu'ils sont en terrain conquis : au premier tour de l'élection présidentielle de 2017, c'est dans ces territoires qu'ils ont réalisé leurs meilleurs scores, la candidate du RN terminant à la première place au cumul des voix, devant Jean-Luc Mélenchon, François Fillon et Emmanuel Macron.


Justine FAURE

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