Élection présidentielle 2022

Vers une université payante ? "Je n'ai jamais dit ça", assure Emmanuel Macron

Vincent Michelon
Publié le 24 janvier 2022 à 14h51
Emmanuel Macron devant des étudiants de Creuse, le 24 janvier 2022.

Emmanuel Macron devant des étudiants de Creuse, le 24 janvier 2022.

Source : Ludovic MARIN / AFP / POOL

Lors d'un échange avec des étudiants creusois, Emmanuel Macron est revenu sur ses propos au sujet des universités.
Le chef de l'État assure n'avoir jamais dit qu'il faudrait à l'avenir faire payer l'inscription.
Le 15 janvier, il avait plaidé pour une réforme "systémique" des facs.

Après la polémique, l'heure est à la clarification. Emmanuel Macron a saisi l'occasion d'un échange avec des étudiants de Creuse, lundi 24 janvier, pour revenir sur les propos qu'il avait tenus le 15 janvier dernier. Une prise de position autour du coût de l'enseignement supérieur qui avait déclenché une vive polémique au sein de l'opposition.

"Je n'ai jamais dit ça", a assuré le chef de l'État auprès des étudiants creusois, faisant référence à une hausse des coûts d'inscription à l'université. "Je me suis exprimé devant la Conférence des présidents d'université, mais je n'ai jamais dit ça", a-t-il insisté, rappelant au passage son bilan, dont les repas "à un euro" dans les restaurants universitaires pendant la crise sanitaire et le fait que, depuis 2018, la Sécurité sociale n'est plus "à la charge" des étudiants. 

"Mieux accompagner"

Le 15 janvier, Emmanuel Macron avait plaidé pour une "réforme systémique" de l'université française, dans un environnement international concurrentiel, des propos perçus comme un avant-goût de projet pour un prochain quinquennat. 

"Au-delà de la question des moyens, nous avons une question structurelle et on ne pourra pas rester durablement dans un système où l'enseignement supérieur n'a aucun prix pour la quasi-totalité des étudiants, où un tiers des étudiants sont boursiers et où, pourtant, nous avons tant de précarité étudiante et une difficulté à financer un modèle qui est beaucoup plus financé sur l'argent public que partout dans le monde pour répondre à la compétition internationale", avait déclaré à l'occasion le chef de l'État. Ces propos ambigus avaient été interprétés comme un souhait d'augmenter le coût des études dans notre pays.

Le 22 janvier, la ministre de l'Enseignement supérieure Frédérique Vidal avait assuré sur France Info n'avoir "jamais eu aucune demande" du chef de l'État "de travailler sur ces questions-là"

Ce lundi, Emmanuel Macron a insisté sur le fait que "le défi, aujourd'hui, est d'accompagner les étudiants. Nos universités sont en compétition avec les universités dans le monde, qui sont payantes. Il faut mieux accompagner" les étudiants, a-t-il dit, évoquant les inégalités persistantes entre les jeunes, selon leurs origines géographiques notamment. 


Vincent Michelon