Élection présidentielle 2022

Après avoir hésité à classer Staline parmi ses "camarades", Fabien Roussel décrit un "dictateur, sans ambiguïté"

M.L
Publié le 23 mars 2022 à 11h13
JT Perso

Source : TF1 Info

Invité de l'émission Au Tableau! de C8, face à des écoliers, le candidat communiste a semblé embarrassé au moment de désigner l'ancien dirigeant soviétique comme son "camarade" ou non.
Ce mardi, il a tenu à défendre une position plus claire, affirmant avoir classé Staline "dans la catégorie des dictateurs".

La séquence avait semé le trouble : face à un parterre d'enfants, mardi soir dans l'émission Au Tableau! sur C8, Fabien Roussel semblait à la peine pour classer l'ancien chef de l'État soviétique Joseph Staline parmi ses "camarades", ou non. Le candidat communiste s'était prêté au jeu de ce programme, qui propose aux personnalités politiques de répondre à des questions d'écoliers et dont l'édition 2022 sera diffusée le 27 mars. L'extrait polémique a été diffusé par la chaîne et relayé par CNews, ainsi que sur les réseaux sociaux. 

On y voit le secrétaire général du PCF - qui se hisse à environ 4% d'intentions de vote selon nos derniers sondages et tente de se démarquer à gauche -, lequel doit classer entre "camarade" et "pas camarade" des figures du communisme. Après avoir accordé ses faveurs au dirigeant cubain Fidel Castro et rejeté à l'inverse le dictateur Nord-Coréen Kim Jong-Un, il paraissait bien plus hésitant au moment de classer le portrait de Staline sur son tableau. 

"Je ne sais pas où le mettre"

"Il est celui qui a été le chef de guerre contre le nazisme. L'URSS, à l'époque, a envoyé ses armées pour lutter contre Hitler. Avec les Américains, ils ont permis de faire tomber le nazisme", a-t-il mis en balance face aux enfants. "D'un côté, il a participé à la libération de l'Europe, et de l'autre, il a été responsable de millions de morts dans son propre pays avec la création des goulags, donc je ne sais pas comment on peut faire, je ne sais pas où le mettre", a-t-il poursuivi, visiblement embarrassé. 

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"Qu'est-ce-que l'on retient de lui ?", a-t-il demandé en se tournant vers son auditoire. "Mais il a tué des gens !", ont réagi eux-mêmes les élèves, derrière leur pupitre, tandis que le candidat communiste plaçait entre ses deux colonnes l'image de l'ancien dirigeant soviétique, à la tête d'un régime totalitaire en URSS dès la fin des années 1920 et jusqu'à sa mort, en 1953. "Eh bah alors on le met là !", a-t-il finalement répondu en déplaçant le portrait de Staline dans la catégorie "pas camarade"

Un flottement que le candidat du PCF a cherché à clarifier fermement ce mercredi. "Je n'ai pas hésité, je l'ai mis dans la catégorie des dictateurs", s'est-il défendu sur France 2. Avant d'ajouter : "Mais face à une classe, j'ai rappelé ce qu'était l'Histoire, et qu'il a été avec Churchill, Roosevelt, De Gaulle parmi les libérateurs face au nazisme". Pour autant, "il est celui qui a tué des millions de gens, responsable de millions de morts, et donc quelqu'un qui a du sang sur les mains", a tenu à souligner Fabien Roussel, décrivant un "dictateur, sans ambiguïté"

"À chaque fois, on nous fait le coup. Alors, je vais être clair : Staline est responsable de la mort de millions de gens. Mon idéal n'a rien de commun avec lui", a-t-il encore insisté dans le Tweet qui relayait l'extrait de l'interview. Dans un entretien accordé à l'Ina diffusé dimanche, le prétendant à l'Élysée avait déjà affirmé que Staline "n'a jamais été notre idéal communiste", affirmant être "d'une génération qui n'a pas grandi dans ce monde-là". "Notre histoire a toute sa part de lumière et aussi d'ombre. Nous les assumons, je les assume. Ce n'est pas le cas de tous les partis", avait-il tranché. 


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