Élection présidentielle 2022

Présidentielle 2022 : ces promesses de 2017 qu'Emmanuel Macron recycle

Vincent Michelon
Publié le 18 mars 2022 à 14h42, mis à jour le 28 mars 2022 à 19h41
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Source : TF1 Info

Emmanuel Macron a présenté le 17 mars son programme en vue de l'élection présidentielle.
Parmi les mesures envisagées, plusieurs reprennent des promesses d'il y a cinq ans.

Ses concurrents l'accusent d'avoir pioché dans leurs propositions. Mais s'il semble attentif aux projets des autres candidats à l'élection présidentielle, Emmanuel Macron a clairement repris un certain nombre de mesures qu'il avançait lui-même en 2017, et qu'il n'a pas pu mettre en œuvre, pour un certain nombre de raisons, principalement les crises qui ont forcé son gouvernement à revisiter ses priorités. 

Le projet que le président sortant a présenté jeudi 17 mars lors d'une conférence de presse à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) fait en effet ressusciter des idées brandies par le candidat d'En Marche lors de la précédente campagne présidentielle. Il ne s'en cache d'ailleurs pas. "J'essaierai d'être fidèle à la promesse de 2017 et de poursuivre le travail", a-t-il plaidé. 

École et universités : retour aux fondamentaux

Parmi les propositions les plus frappantes du candidat Macron, celles relatives à l'école. Un thème qui était déjà central en 2017, avec notamment cette proposition de l'époque, réalisée, du dédoublement des classes en zone d'éducation prioritaire.  

Jeudi, le candidat a défendu le principe d'une autonomie renforcée pour les chefs d'établissements, afin de "valoriser l'expertise de terrain, donner plus de liberté et faire confiance aux équipes pour construire un projet collectif adapté aux besoins de leurs élèves"

On se rappelle qu'Emmanuel Macron avait défendu une telle expérimentation à Marseille, lors de sa visite en septembre 2021. On se rappelle moins que le président sortant avait proposé la mesure dès son projet de 2017. "Nous laisserons une part d'autonomie de recrutement pour les établissements de l'éducation prioritaire", avançait alors le candidat, souhaitant que les chefs d'établissements aient "davantage de liberté dans l'élaboration de leur projet pédagogique, en contrepartie d'une responsabilisation accrue"

Idem pour les universités. Le candidat de 2022 veut "renforcer l'autonomie de nos universités pour en faire des opérateurs de recherche à part entière pour atteindre les meilleurs standards internationaux". Que disait le candidat de 2017 ? Il proposait de "donner aux universités une autonomie réelle", notamment pour l'embauche de chercheurs, et de "recruter les dirigeants des organismes de recherche et de grandes universités selon les normes internationales"

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Service national et réservistes, bis repetita

En 2017, Emmanuel Macron avait inclus dans son projet pour la défense l'instauration d'un "service national obligatoire", d'une durée d'un mois, pour tous les jeunes Français. Une ambition revue en début de mandat, le chef de l'État ayant opté pour un "service national universel" (SNU), moins contraignant, sur la base du volontariat. 

Dans sa première mouture, le SNU devait monter en charge rapidement, pour être généralisé à l'horizon 2022-2023. En 2018, le gouvernement avait envisagé le principe d'une généralisation à toute une classe d'âge à l'horizon 2024. Emmanuel Macron a de nouveau promis, jeudi, la généralisation du SNU, mais cette fois sans fixer de date. En 2022, il devrait concerner 80.000 jeunes. 

Le sujet des réservistes, également avancé par Emmanuel Macron dans son nouveau projet, était déjà présent en 2017. Alors que le président sortant souhaite "doubler" le nombre de réservistes auprès des armées, il avait déjà fixé un objectif chiffré il y a cinq ans, souhaitant que 85.000 réservistes soient intégrés à la Garde nationale en 2018. Selon les statistiques du gouvernement, cet effectif est actuellement de 77.000 personnes. 

Un revenu universel rebaptisé

Autre chantier avancé en début de mandat avant d'être reporté : le "revenu universel d'activité" (RUA), défendu en 2018 par Emmanuel Macron dans le cadre de son plan pauvreté. L'objectif était alors de faire disparaître le RSA en 2020, afin de le fusionner avec plusieurs prestations sociales, prime d'activité, aide au logement, AAH, ASS et Aspa. 

Une concertation avait été menée fin 2019-début 2020, mais l'intégration de l'AAH à ce revenu universel avait été dénoncée par certaines associations dédiées au handicap. Un projet de loi a été adopté à l'Assemblée en juin 2020, mais la pandémie de Covid-19 a mis un coup d'arrêt à la réforme. 

Emmanuel Macron a remis le sujet sur le tapis, jeudi, sans reprendre les termes initiaux. Le candidat défend désormais "une solidarité à la source",  mais le principe est le même. Pointant des dispositifs "très segmentés" qui entraînent "des situations ubuesques", il défend à nouveau "une simplification". Il promet en outre d'en finir avec le RSA, estimant que le nouveau dispositif devrait inciter davantage au retour au travail. Comme en 2017, à ceci près qu'il n'a pas cité l'AAH parmi les prestations concernées. 


Vincent Michelon

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