Présidentielle : retraites, RIC, immigration… ce qu’il faut retenir de l’interview de Marine Le Pen sur TF1

par Maëlane LOAËC
Publié le 12 avril 2022 à 22h59

Source : JT 20h Semaine

La candidate du Rassemblement National, qui a accédé dimanche au second tour, a détaillé ses principales propositions sur le plateau du 20H de TF1 mardi.
Elle y a notamment abordé les retraites, mais aussi la gestion des frontières, des migrations et la place de la France dans l'Union Européenne.

À 12 jours du second tour de l'élection présidentielle, la finaliste Marine Le Pen a défendu un programme centré sur le pouvoir d'achat et l'immigration sur le plateau du 20H de TF1. La candidate du RN, qui a terminé deuxième du premier tour, avec 23,15% des suffrages, a assuré avoir "le projet le plus protecteur" face à "une politique très dure à l'égard des plus modestes et de déconstruction de notre système de protection sociale" menée par le président sortant. 

"Tous ceux qui n'ont pas voté pour Emmanuel Macron au premier tour peuvent se retrouver sur ma candidature", a-t-elle affirmé. Créditée de 47,5% des voix face au candidat marcheur selon notre dernier sondage, elle a détaillé plusieurs mesures clé d'un programme au "budget équilibré", a-t-elle promis, chiffré à 68 milliards d’euros. 

Pour le financer, Marine Le Pen a prévu de "baisser les mauvaises dépenses publiques", comme en faisant "des économies sur l’immigration, les fraudes, (...) la mauvaise gestion de l’État". Autres pistes : un moindre recours aux cabinets de conseil, la baisse de 10% du budget du fonctionnement des agences d'État ou encore la suppression des Agences Régionales de Santé, "incompétentes" pendant la crise sanitaire selon elle.

Maintenir l'âge du départ à la retraite à 62 ans est "tenable", assure Marine Le Pen

Marine Le Pen est notamment revenue sur l'un de ses points de rupture avec Emmanuel Macron, à savoir l'âge de départ à la retraite, que le président sortant veut fixer à 65 ans, quand la candidate du RN ne souhaite pas toucher au départ à 62 ans, tel qu'il est prévu aujourd'hui. "Il n’y a pas de sujet" sur le financement de cette mesure, a-t-elle assuré, avant de se justifier : "Les retraites sont financées par le travail, donc le meilleur moyen d’avoir un système qui est parfaitement viable, c’est de recréer de l’emploi et de la richesse dans notre pays". 

La finaliste a promis un système "tenable" qui sera chiffré à 9,6 milliards d'euros à la fin du quinquennat grâce à des économies que "sur des dépenses que je considère inutiles ou nocives". Elle a avancé pour ce faire des "mesures de patriotisme économique", comme miser sur le "localisme" ou créer un "ministère de lutte contre les fraudes". Elle souhaite aussi "inciter les jeunes à entrer sur marché du travail tôt" : "tous ceux qui le feront avant 20 ans, avec un emploi significatif, pourront partir à 60 ans avec 40 annuités", a-t-elle déclaré. 

Avant de poursuivre : "Cela va précisément soutenir notre régime de retraite : le modèle que je propose est le plus susceptible d’assurer le montant de votre retraite et que vous puissiez en profiter". "Les pensions ne baisseront pas", a-t-elle encore promis, ce qui sera le cas selon elle avec une retraite reportée à 64 ou 65 ans, affirmant que "la moitié des gens qui partent à 62,8 ans sont au chômage"

Immigration : "Il faut prendre des décisions"

Sur le volet de l'immigration, autre pilier de son programme, "si on veut sauver notre système de protection sociale, alors il faut le rendre soutenable", a-t-elle jugé. Avant d'assurer : "L’ouverture de ce système à l’ensemble du monde l’a rendu insoutenable et l’a mis en péril. Ce n’est pas de gaité de cœur, mais il faut prendre des décisions".  La candidate du RN souhaite donc "inscrire dans la constitution par référendum une révision pour permettre la priorité nationale". L'objectif : "réserver aux Français" certaines allocations comme les allocations familiales, tandis que les aides de solidarité, comme "le RSA et les APL", seront versées "aux Français et aux étrangers qui ont cinq ans d’équivalent temps plein sur le territoire".

Sur le plan de la justice, "il faut à tout prix renvoyer les délinquants et criminels étrangers dans leur pays d’origine, il n’y a aucune raison de les conserver sur le territoire", a-t-elle poursuivi. Quant au contrôle des frontières, elle souhaite "retrouver la maîtrise de l'immigration" et souhaite proposer un référendum à ce sujet, plutôt que d'être "forcée d'accueillir par un certain nombre de règles européennes des gens qui viennent en France, alors que les Français veulent choisir qui viennent chez eux".

Pas de sortie de l'UE mais une baisse de la "contribution nette" à la communauté

Toujours au sujet de l'Europe, la députée du Pas-de-Calais est également revenue sur les propos d'Emmanuel Macron, qui l'a accusée un peu plus tôt mardi de vouloir "sortir" de l'Union Européenne mais de ne "plus le dire" : "c'est totalement faux", s'est-elle défendue. 

"Mon objectif n'est pas de baisser la contribution à l'UE, mais la contribution nette. Elle est de 9 milliards actuellement, je voudrais qu'elle soit à 4 milliards, ce qu'elle était en moyenne sous Jacques Chirac. C'est raisonnable de faire des efforts", a-t-elle ajouté. Cette contribution "a été augmentée de 50% en cinq ans", a-t-elle affirmé, accusant aussi Emmanuel Macron de 600 milliards de dettes supplémentaires sur le quinquennat. 

Un RIC pour "réparer la démocratie abîmée par Emmanuel Macron"

La candidate est notamment revenue sur le référendum d'initiative citoyenne (RIC) que comporte son programme, qui consiste à proposer "un projet de loi soumis à référendum" selon elle. "Arrêtons de penser que les Français ne pourraient pas comprendre un projet de loi qu’on leur soumet", a-t-elle lancé, avant de renvoyer au référendum de 2005 sur la Constitution européenne, texte que les Français "avaient parfaitement" compris selon elle, avant de le rejeter en majorité. 

"Je suis pour le respect de la volonté des Français. Le peuple est souverain, c’est lui qui décide", a-t-elle ajouté. La candidate du RN souhaite ainsi qu'un référendum puisse être lancé dès que 500.000 électeurs se rassemblent pour soumettre un projet de loi ou abroger un texte déjà voté. "C’est sain, c’est une manière de réparer la démocratie qui a été abîmée par Emmanuel Macron", a-t-elle cinglé, défendant "un moyen de recoudre ce gouffre qui s’est créé aujourd’hui entre les Français et leurs représentants".


Maëlane LOAËC

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