Élection présidentielle 2022

Présidentielle : si elle est élue, Marine Le Pen ne veut pas d'Eric Zemmour ni de Marion Maréchal dans son gouvernement

Maëlane Loaëc
Publié le 12 avril 2022 à 18h59
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

À l'issue du premier tour, le fondateur de Reconquête a appelé ses électeurs à donner leur voix à Marine Le Pen.
La candidate du Rassemblement National a toutefois fermé la porte à toute participation d'Eric Zemmour à son potentiel gouvernement.
Même décision concernant sa nièce Marion Maréchal, transfuge de son parti qui a rejoint son concurrent.

Après des mois de bataille électorale entre les deux adversaires d'extrême droite, Eric Zemmour a appelé dimanche à voter au second tour pour celle qui a été longtemps sa concurrente, Marine Le Pen, qui est arrivée deuxième avec 23,15% des suffrages. La candidate du RN ne semble pas vouloir récompenser cette main tendue. Invitée sur France Inter mercredi, elle a rejeté la possibilité que le fondateur de Reconquête! fasse partie de son gouvernement si elle est élue à l'Élysée le 24 avril.

"Il n'en a pas le souhait et je n'en ai pas le souhait non plus", a-t-elle lancé, avant de souligner qu'elle avait "exprimé tout au long de la campagne du premier tour les divergences" qui la départageait d'Eric Zemmour, arrivé quatrième avec 7,07% des voix. "Mais je lui ai toujours concédé, sans aucune difficulté d'ailleurs, qu'il faisait partie du camp de ceux qui croient en la France, qui croient qu'il faut que la France redevienne un pays souverain", a-t-elle toutefois reconnu.

Marine Le Pen est également prête à faire une croix sur la participation de sa nièce, qui avait quitté son parti pour rallier celui d'Eric Zemmour début mars. "Non, je ne prendrai pas Marion Maréchal dans mon gouvernement", a-t-elle lors d'une conférence de presse à Vernon, dans l'Eure. Lundi, la principale concernée avait douté de la capacité de la candidate RN à l'emporter face à Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle si elle ne scelle pas "des alliances" à droite. "La balle est dans son camp", avait-elle dit.

Une alliance aux législatives ? "Nous n'en sommes pas là", répond Marine Le Pen

"Ça ne peut pas passer que par un dialogue avec la gauche populaire souverainiste, ça doit passer aussi par des alliés, et des coalitions et des alliances" à droite, avait-elle encore jugé. Elle avait estimé par ailleurs que la participation au "gouvernement d'union nationale" de Marine Le Pen de gens venus "de la gauche chevènementiste, c'est-à-dire d'une gauche souverainiste", comme l'avait souhaité la finaliste avant le premier tour, relevait d'"un fantasme totalement irréalisable"

Lire aussi

De son côté, la députée du Pas-de-Calais a redit mardi que "bien entendu, il y a des gens qui viennent de la droite et qui viennent de la gauche qui souhaitent gouverner avec moi en cas de victoire". Elle a assuré avoir déjà fait son choix de Premier ministre si elle était élue, sans préciser son identité, et qu'elle disposait de "toutes les équipes qu'il faut" en cas d'élection. "Je pourrais même en constituer quatre ou cinq", a-t-elle lancé, évoquant "des gens de très grande qualité, des maires, des conseillers régionaux, des gens élus depuis parfois des décennies et qui ont donc une très bonne connaissance du pouvoir".

Quant à une possible alliance avec Reconquête! aux législatives, pour lesquelles l'ancien polémiste avait lui-même évoqué une candidature, sans préciser dans quelle circonscription, "nous n'en sommes pas là", a-t-elle arrêté, ajoutant que cette perspective "dépendra aussi des résultats des présidentielles"

"Grand bien lui fasse !", répond Eric Zemmour

Eric Zemmour, qui avait invité dimanche ses électeurs à ne pas "se tromper d'adversaire" malgré des "désaccords" avec la candidate du RN, a très brièvement réagi ce mardi après-midi. "Grand bien lui fasse !", a-t-il lancé à l'entrée de son QG parisien, selon nos informations. Juste après le scrutin, il avait déjà indiqué qu'il n'attendait rien en retour après sa consigne de vote, se défendant d'être "un marchand".

Nombre de ses soutiens critiquent le choix de la candidate RN. "S'il y a des gens qui préfèrent perdre tout seul que gagner à deux, eh bien ils porteront leur responsabilité", a fustigé de son côté mardi matin Jean Messiha, ancien RN et porte-parole de Reconquête!, devant le QG du parti, tandis qu'un autre transfuge du parti, le sénateur marseillais Stéphane Ravier, a estimé qu'"elle ne se positionne pas pour gagner manifestement". Quant à l'eurodéputé Nicolas Bay, ex-RN lui aussi, "à elle maintenant de prendre ses responsabilités, de montrer qu'elle a, à la fois, la volonté et la capacité à rassembler, puisque c'est ça le second tour d'une élection présidentielle", a-t-il réagi.


Maëlane Loaëc

Tout
TF1 Info