Élection présidentielle 2022

Présidentielle : enquête ouverte après des SMS du parti d'Éric Zemmour à la communauté juive

M.L avec AFP
Publié le 12 avril 2022 à 19h46
JT Perso

Source : TF1 Info

L'équipe du candidat de Reconquête a envoyé vendredi "une dizaine de milliers de SMS" ciblant des Français de confession juive.
Une enquête préliminaire a été ouverte mardi suite à la plainte de deux associations.
La CNIL, qui s'inquiète d'une pratique "interdite", s'est aussi emparée du dossier.

Même s'il n'a pas accédé au second tour du scrutin présidentiel, Eric Zemmour pourrait bien être rattrapé par les stratégies qu'il a mis en place pendant la campagne électorale. Une enquête préliminaire a été ouverte mardi à Paris après la plainte de deux associations au sujet d'un SMS envoyé vendredi à l'initiative de son parti, qui aurait ciblé des électeurs français de confession juive, a indiqué mardi à l'AFP une source proche du dossier. 

Sollicité par l'AFP, le parquet de Paris a confirmé l'ouverture de cette enquête pour des infractions relatives à des données à caractère personnel. Un SMS signé du nom du candidat a été envoyé vendredi, juste avant le début de la période de réserve, à de nombreux téléphones mobiles dans l'Hexagone. Il renvoyait vers une page éditée par le parti Reconquête! affichant un texte explicitement adressé aux Français juifs. 

Désormais hors ligne, il s'intitulait : "Message d’Éric Zemmour aux Français de confession juive". Le polémiste d'extrême droite, qui a rassemblé 7% des suffrages dimanche et appelé à voter pour Marine Le Pen au second tour, s'y présentait comme "le seul à dénoncer l'expansion de l'islam qui ravage notre pays". "L'antisémitisme qui tue aujourd'hui est islamique", ajoutait celui qui a déjà été mis en cause dans l'envoi de SMS pendant la campagne, à cause de messages relayant un "faux sondage" qui le donnait au second tour.

Cinq ans d'emprisonnement et de 300.000 euros encourus

Selon le parquet, une plainte a été déposée par l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) et l'association J'accuse AIPJ ont porté plainte. "Une enquête a été ouverte ce jour des chefs de détention, conservation, enregistrement, transmission de données à caractère personnel en dehors des cas prévus par la loi, communication à un tiers sans autorisation et détournement des finalités d'un fichier de données à caractère personnel", a-t-il précisé. Les investigations ont été confiées à la Brigade de répression de la délinquance à la personne (BRDP), a aussi indiqué cette source.

Le code pénal punit de cinq ans d'emprisonnement et de 300.000 euros d'amende la création d'un fichier faisant apparaître des croyances religieuses ou des origines raciales ou ethniques sans le consentement de l'intéressé. "On attend avec impatience que les policiers fassent leur travail", a déclaré à l'AFP Me Stéphane Lilti, qui a déposé plainte pour  l'UEJF. Son confrère Me Sacha Ghozlan, qui a déposé plainte pour l'association "J'accuse", a dénoncé sur Twitter mardi "la plus massive exploitation de listes nominatives de juifs depuis la rafle du Vel’d’hiv".

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La Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) avait déjà ouvert une instruction suite à ce démarchage, stipulant que "le traitement des données à caractère personnel qui révèle (...) les convictions religieuses" est "interdit", sauf si "la personne concernée a donné son consentement explicite au traitement de ces données à caractère personnel pour une ou plusieurs finalités spécifiques".

Interrogée par BFMTV, l'équipe d’Éric Zemmour avait confirmé être à l'origine de la campagne d'envoi "d'une dizaine de milliers de SMS" qui renvoyaient vers la page web du candidat. Mais un des responsables de la campagne de Reconquête avait assuré que ce démarchage politique avait été mis en place à l'aide d'un courtier en données personnelles, qui achète des bases de données pour en faire commerce.


M.L avec AFP

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