Élection présidentielle 2022

Primaire de la gauche : les militants socialistes font bloc derrière Anne Hidalgo

Justine Faure
Publié le 13 décembre 2021 à 14h50, mis à jour le 13 décembre 2021 à 14h56
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Source : TF1 Info

TÉMOIGNAGES - Dimanche, en meeting, Anne Hidalgo a de nouveau défendu son idée de primaire de la gauche, rejetée par les autres candidats de son camp à la présidentielle. En revanche, les militants socialistes interrogés par LCI soutiennent tous leur candidate dans sa démarche.

"Je trouve que cette idée de primaire est une bonne idée", "je comprends parfaitement la décision d'Anne Hidalgo", "je pense que se mettre en danger alors qu'elle est candidate depuis trois mois est courageux et altruiste". Si les militants socialistes ont été surpris par la proposition d'Anne Hidalgo d'organiser une primaire de la gauche en vue de l'élection présidentielle, annoncée mercredi dernier sur TF1, ceux que LCI a interrogés à ce sujet la soutiennent tous. 

Selon eux, remédier au morcellement de la gauche est nécessaire face à la montée en puissance de la droite et de l'extrême droite. "A l’heure actuelle aucun candidat de gauche ne se démarque et n’arrive à prendre l’ascendant sur les idées imposées par la droite et l'extrême droite qui prédominent le débat public, notamment la sécurité et l’immigration", constate Guillaume Girault, référant Génération Hidalgo pour la Côte d’or, qui aimerait voir s'imposer dans le débat public "les questions de santé, d'éducation, de pouvoir d'achat, d'écologie". "Je pense que si la résistance au fascisme, qui déroule son programme, ne déclenche pas des discussions pour l'union de la gauche, aucun des candidats ne méritera nos voix", ajoute Axel Berriaux, coordinateur régional des Jeunes socialistes en PACA.

Pour Prince Maboussou, membre des jeunes socialistes du Loiret et conseiller municipal, "Anne Hidalgo a pris conscience de la position ultra conservatrice des militants LR. Ce n'est pas la voix de l'alternative que l'on souhaite à Emmanuel Macron. Nous souhaitons un candidat issu de la gauche". "La droite et l'extrême droite sont toutes les deux représentées par des candidats en position d'accéder au second tour. L'investiture de Valérie Pécresse est l'exemple qu'une candidature unique permettrait de mettre toutes les chances de notre côté pour rassembler les électeurs", abonde Dimitri Biche, premier secrétaire fédéral du PS du Var. 

"Aucun parti de gauche n'est en position de force"

Mais pour arriver à cette candidature unique, les militants socialistes font une grande différence entre l'organisation d'une primaire impliquant de soutenir son ou sa vainqueur(e) quand bien même ce ne serait pas Anne Hidalgo, et un désistement au profit d'un autre candidat déclaré mieux placé dans les sondages. "La situation actuelle avec une myriade de candidats entre 5 et 8% sans dynamique réelle ne se prête pas à un désistement basé sur des sondages. Au fond, la décision d'organiser une primaire est une décision de responsabilité. Tout reposera sur un vote clair de l'ensemble des électeurs, dans un esprit de démocratie", estime Dimitri Biche. "Je ne crois pas au retrait au profit d'un candidat mieux placé dans les sondages. À l'heure actuelle, aucun parti de gauche n'est en position de force, aucun ne dépasse les 10%. La raison de ces scores, pour moi, réside dans le fait que la gauche morcelée fatigue", confirme Anzil Tajammal, secrétaire générale des Jeunes socialistes du Nord. 

"Quand un candidat se retire pour un autre, en général il y a un accord entre les deux, pas toujours idéologique, mais sur les places au sein des ministères, sur les listes aux législatives. Or, avec une primaire, c’est finalement tout l’inverse : il s’agit d’un débat de fond, un débat d’idées", ajoute-t-elle. En revanche, elle constate à regret que cette décision vient d'une femme : "Je suis heureuse qu’Anne Hidalgo prenne ses responsabilités. La seule chose que je regrette, c’est que ce soit encore une femme qui propose une primaire, donc un retrait potentiel pour un autre candidat. Les hommes de gauche sont encore trop égoïstes ou conditionnés par des positionnements politiques qui n’ont plus de sens aujourd’hui."

Ces militants n'en veulent pas non plus à la maire de Paris d'avoir pris cette décision de façon soudaine, sans discussion ou concertation. "Cette décision est en cohérence avec la ligne politique de notre parti", assure Louis Estelle, membre de la coordination nationale des Jeunes socialistes, membre du conseil national du PS. "Il est normal que ce type de décision soit prise par les personnes auxquelles les militants ont fait confiance lors du dernier Congrès", estime Dimitri Biche. 

Toutefois, Sébastien Hutin, conseiller municipal et secrétaire de section au PS de Choisy-le-Roi, nuance ces positions : "Je pense qu’elle a dû trouver elle-même une porte de sortie à une candidature qui lui a été imposée par l’exécutif du parti, c’était probablement sa seule possibilité pour se sortir de cette situation. Néanmoins, je trouve dommage que les militants l’apprennent de cette manière."


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