Projet de loi immigration : le gouvernement botte (encore) en touche

par T.G.
Publié le 26 avril 2023 à 16h11

Source : JT 20h Semaine

Elisabeth Borne a annoncé mercredi que le projet de loi sur l'immigration ne serait finalement pas présenté dans l'immédiat.
Emmanuel Macron avait pourtant plaidé dimanche pour une grande loi en "un seul texte", "efficace et juste".
Il pourrait être examiné à l'automne, selon Matignon.

Le projet de loi sur l'immigration renvoyé aux calendes grecques. Maintes fois repoussé, ce texte a une nouvelle fois été ajourné par le gouvernement ce mercredi. En cause ? L'absence d'un consensus politique sur un chantier jugé trop clivant. Surtout après la crise traversée par Matignon avec les retraites.

Promis sur un ton martial depuis l'été par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, ce texte intitulé "Contrôler l'immigration, améliorer l'intégration" devait être examiné fin mars au Sénat. Mais le président Emmanuel Macron avait lui-même annoncé son report à la télévision et assuré que le projet serait découpé en plusieurs parties, avant de revenir sur ces propos dimanche. Dans Le Parisien, il a plaidé pour une grande loi en "un seul texte", "efficace et juste".  

"Il n'existe pas de majorité pour voter un tel texte"

Trois jours plus tard, mercredi, c'est la Première ministre Elisabeth Borne qui a semblé donner le coup de grâce, en dévoilant sa feuille de route. "Aujourd'hui, il n'existe pas de majorité pour voter un tel texte, comme j'ai pu le vérifier hier (mardi) en m'entretenant avec les responsables des Républicains", a-t-elle déclaré, en expliquant que le projet ne serait finalement pas présenté dans l'immédiat.

Les Républicains, qui détiennent les clés du Sénat, ne cessent de faire monter les enchères depuis des mois sur ce sujet hautement symbolique pour leur camp. Alors que le gouvernement promet l'équilibre entre expulsions des étrangers qui menacent l'ordre public et meilleure intégration des sans-papiers, notamment par la régularisation des travailleurs dans les secteurs en "tension", les propositions de la droite sont radicales : "Plus aucun droit pour les clandestins, plus de prestations sociales dès le premier jour pour les réguliers", ou encore traiter "les demandes d'asile à la frontière", selon les termes d'Eric Ciotti. 

"Est-ce que monsieur Macron est prêt à inscrire tout cela dans la loi ? J'en doute, et je doute aussi qu'on ait la capacité au Parlement à faire adopter un texte compte tenu même des oppositions dans la majorité", a résumé le patron des Républicains. C'est ce qu'a acté Elisabeth Borne mercredi, même si elle a assuré que "la lutte contre l'immigration illégale est une priorité du gouvernement". "Ça n'est pas le moment de lancer un débat sur un sujet qui pourrait diviser le pays", a-t-elle ajouté.

Et maintenant ? Si les prochains mois ne permettent pas de dégager "d'accord global" sur l'immigration, "nous présenterons en tout état de cause un texte à l'automne avec comme seule boussole l'efficacité", a déclaré Elisabeth Borne, évasive sur son contenu. Mi-avril, devant ses troupes réunies à l'Élysée, le chef de l'État avait pourtant mis en garde : "Si on ne fait pas immigration et travail" avant le 14 juillet, avait-il martelé, "ça veut dire qu'on ne le fera pas" du tout. L'automne débute le 23 septembre.


T.G.

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