Fronde sociale : Macron à l'heure des explications

Proportionnelle, vote blanc... Cet autre débat qu'Emmanuel Macron veut relancer

par Vincent MICHELON
Publié le 11 décembre 2018 à 13h08
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

ALLOCUTION - Si les annonces d'Emmanuel Macron sur le pouvoir d'achat ont retenu l'attention, le chef de l'Etat a évoqué d'autres pistes, en écho aux revendications des Gilets jaunes, relançant notamment son projet de réforme constitutionnelle.

Le Smic, les heures supplémentaires, les retraites... Attendu sur le thème du pouvoir d'achat, Emmanuel Macron a annoncé lundi soir une série de mesures socio-économiques destinées à répondre dans l'urgence au mouvement des Gilets jaunes. Mais au cours de cette allocation d'une dizaine de minutes, le chef de l'Etat a ouvert d'autres chapitres. Ceux notamment qui portent sur le volet de la réforme constitutionnelle, cette promesse électorale à la réalisation sérieusement freinée au cours des derniers mois, et notamment depuis l'affaire Benalla, dont la bourrasque avait sérieusement pilonné toute velléité parlementaire.

"Je veux que soient posées les questions qui touchent à la représentation, et à la possibilité de voir les courants d'opinion mieux entendus dans leur diversité", a fait valoir le président de la République, souhaitant que ce chantier s'ouvre dans le cadre de la "grande consultation" qu'il promet dans tout le pays. 

Lire aussi

La proportionnelle en ligne de mire

Derrière ces propos, refait surface l'idée d'introduire une part de scrutin proportionnel dans le mode d'élection des députés à l'Assemblée nationale, comme le réclament certaines forces d'opposition, et comme l'envisage Emmanuel Macron lui-même depuis sa campagne présidentielle. L'exécutif souhaite introduire une "dose" de 15% de proportionnelle dans ce scrutin, mais les discussions avec l'opposition, notamment au Sénat, achoppait depuis de longues semaines, d'autant que la réforme prévoit également de réduire de 30% les effectifs du Parlement.

Le contexte des Gilets jaunes pourrait inciter chacun à revenir autour de la table, cette réforme devant être en théorie débattue à partir de janvier - à moins que le mouvement des Gilets jaunes ne la reporte à nouveau. "Nous ne pouvons pas éluder la place de la démocratie représentative et la participation des citoyens", a reconnu lundi, sur Public Sénat, le président LR du Sénat Gérard Larcher. 

Le retour du vote blanc

La seconde piste évoquée par Emmanuel Macron faisait partie des revendications de certains Gilets jaunes, comme elle avait été portée par plusieurs candidats à la présidentielle, dont Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon (en contrepartie du vote obligatoire dès 16 ans) : la reconnaissance du vote blanc comme un vote à part entière. A ce titre, le chef de l'Etat a plaidé pour "une loi électorale plus juste" qui se traduirait par "la prise en compte du vote blanc". 

La mesure n'était pas prévue dans l'actuelle réforme constitutionnelle, malgré des tentatives d'amendement dans ce sens du groupe LFI à l'Assemblée nationale. Le vote blanc avait battu des records lors du second tour de l'élection présidentielle de mai 2017, tout comme l'abstention. Simple prise en compte arithmétique ? Remise en cause du scrutin en cas de vote blanc trop élevé ? Le président ne s'est pas davantage étendu. 

La représentation de la "société civile"

Face aux Gilets jaunes, mouvement hétéroclite et officiellement sans porte-parole, Emmanuel Macron a également reposé la question de "la participation au débat de citoyens n'appartenant pas à des partis politiques". Dans la majorité présidentielle, certains députés comme Matthieu Orphelin ont plaidé pour la mise en place d'un système de "démocratie participative", notamment à travers la création de "conseils citoyens" de 100 personnes "tirées au sort et représentatives" afin d'intervenir sur la prise de décision publique.

La réforme constitutionnelle en cours de discussion prévoyait déjà d'ouvrir "les institutions aux citoyens", notamment à travers la transformation de l'actuel Conseil économique, social et environnemental en "Chambre de la société civile" susceptible "d'éclairer les pouvoirs publics sur les enjeux économiques, sociaux et environnementaux", d'organiser "la consultation du public" et de recevoir des pétitions citoyennes. 


Vincent MICHELON

Tout
TF1 Info