L'Élysée dément fermement des propos attribués à Emmanuel Macron sur "les smicards"

par C.Q
Publié le 24 février 2024 à 9h59, mis à jour le 24 février 2024 à 19h51

Source : TF1 Info

En Une ce 24 février, le journal "La Marseillaise" rapporte des propos d'Emmanuel Macron.
Une petite phrase sur les bénéficiaires du Smic que le chef de l'État n'aurait jamais prononcée, réagit l'Élysée.

Tandis que le salon de l'agriculture s'ouvre ce 24 février à la porte de Versailles, à Paris, toute la presse est attentive à la venue d'Emmanuel Macron, qui intervient en pleine crise avec les syndicats agricoles. De son côté, le journal La Marseillaise a même décidé de mettre en Une, dans son édition de ce week-end, des propos attribués au président de la République : "Les smicards préfèrent téléphones et abonnements VOD plutôt qu’une alimentation plus saine." 

L'Élysée a fermement démenti la véracité de cette déclaration. "C'est scandaleux", dénonce l'entourage du chef de l'État, assurant que, si la question des prix de l'alimentation avait pu être évoquée avec des syndicats, Emmanuel Macron ne se serait pas exprimé de la sorte. En visite au Salon de l'agriculture, le principal intéressé a lui aussi réagi à la polémique au micro de TF1/LCI.

"Je n'ai jamais eu une formule comme celle-ci", affirme le président de la République. "Vous imaginez la déontologie de vos confrères, qui auront réussi à mettre en Une de presse une phrase que quelqu'un a dit que j'aurais dite... C'est la fin du journalisme si on fait ça ! (...) Il faut arrêter les conneries et de me faire dire des choses derrière les portes."  

Une rencontre à l'Élysée le 15 février

Mais d'où viendrait ce verbatim ? D'une rencontre entre le président et les syndicats agricoles, le 15 février dernier à l'Élysée, selon La Marseillaise qui cite comme source "un syndicaliste de la Confédération syndicale agricole des exploitants familiaux (Modef) présent à la réunion". 

Je confirme bien que nous avons entendu cela
Raymond Girardi, vice-président du Modef

Après le démenti formel de l'Élysée, le Modef maintient bel et bien ces propos qu'il attribue au chef de l'État. "Oui, nous y étions plusieurs et je confirme bien que nous avons entendu cela", a affirmé Raymond Girardi, vice-président du syndicat agricole, à La Marseillaise. De son côté, Lucie Illy, vice-présidente du Modef et aussi présente à la réunion, a indiqué à nos confrères de l'AFP que "le président ne s’est pas exprimé en ces termes, mais le fond est le même".

Cette petite phrase figurait déjà dans un communiqué de presse du Modef, jusque-là passée inaperçue. "Notre syndicat revendique une Agriculture familiale à taille humaine faite d’un million de paysans ! Le Président de la République s’est clairement exprimé contre ce modèle. Pire, lorsque nous avons évoqué les difficultés des producteurs bios, il nous a répondu que "les smicards préfèrent téléphones et abonnements VOD plutôt qu’une alimentation plus saine'", peut-on lire dans cette publication du 19 février. 

Désormais mis en lumière, ces propos attribués au président de la République font largement réagir du côté des syndicats et de l'opposition. "Mépris de classe permanent, communication blessante et provocatrice, Emmanuel Macron, dérangeant dans ses attitudes, inquiétant dans ses comportements, incompétent dans sa fonction, accentue la crise politique", accuse Marine Le Pen sur X, tandis que la Confédération paysanne interpelle directement le chef de l'État : "Vous n'arriverez pas à diviser paysan.nes et consommateurs.rices ! Précarité paysanne, précarité alimentaire, même combat ! Le problème c'est ce système économique libéral & inegalitaire qui nous broie tou.tes !".  


C.Q

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