Propos sur la "fournée" : Jean-Marie Le Pen mis en examen pour son dérapage sur Patrick Bruel en 2014

Claire Cambier
Publié le 11 février 2017 à 21h00
Propos sur la "fournée" : Jean-Marie Le Pen mis en examen pour son dérapage sur Patrick Bruel en 2014

JUSTICE - Le président d’honneur du FN a été mis en examen ce jeudi pour provocation à la haine. En 2014, il avait utilisé le terme de "fournée" au sujet de Patrick Bruel, de confession juive. Son immunité parlementaire avait été levée en octobre dernier.

Nouveau démêlé avec la justice pour Jean-Marie Le Pen. Habitué des prétoires, le fondateur du Front National a été mis en examen pour provocation à la haine. L’affaire remonte à juin 2014, mais la justice a dû attendre que le Parlement européen accepte de lever l’immunité parlementaire du député, fin octobre 2016, pour lancer la procédure.

Dans une vidéo diffusée sur le site Internet de son parti, Jean-Marie Le Pen s’en était pris à des artistes engagés contre le Front National, comme Guy Bedos et Madonna. Alors qu’un interlocuteur lui citait un autre exemple, l’acteur Patrick Bruel, de confession juive, il s’était exclamé : "Écoutez, on fera une fournée la prochaine fois!"

Le mot 'fournée' que j’ai employé n’a évidemment aucune connotation antisémite, sauf pour des ennemis politiques ou des imbéciles.

Jean-Marie Le Pen

Cette déclaration avait suscité de vives critiques, jusqu’au sein de son propre parti. Marine Le Pen s’était désolidarisée de son père et avait qualifié cette sortie de "faute politique". Louis Aliot, vice-président du FN, avait souligné que le choix de ce terme était "stupide politiquement et consternant". "Le mot fournée que j’ai employé n’a évidemment aucune connotation antisémite, sauf pour des ennemis politiques ou des imbéciles", avait réagi Jean-Marie Le Pen. "S’il y a des gens de mon camp qui l’interprètent de cette manière, c’est que ce sont des imbéciles !"

Quatrième levée de son immunité parlementaire

Une défense qui n'avait pas satisfait la justice française, mais une mise en examen était exclue à cause de l’immunité parlementaire dont bénéficiait Jean-Marie Le Pen, qui siège à Strasbourg depuis 1984. Le 25 octobre dernier, les eurodéputés ont levé cette immunité, suivant l’avis de la Commission des affaires juridiques, qui indiquait que ces propos ne s’inscrivaient pas dans le cadre de sa fonction d’eurodéputé et que l’immunité ne l’autorisait "pas à calomnier, diffamer, inciter à la haine ou à proférer des affirmations portant atteinte à l’honneur d’une personne".

Cette décision avait déjà été accordée à trois reprises par le passé concernant Jean-Marie Le Pen. En décembre 1989, à la demande de la France, pour avoir surnommé Michel Durafour, alors ministre du Travail, "Durafour crématoire". En mars 1990, pour des propos sur "l'internationale juive. Et enfin en octobre 1998 à la demande de l'Allemagne, lorsqu'il avait qualifié les chambres à gaz nazies de "détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale".

Cette nouvelle mise en examen a fait réagir l’intéressé sur Twitter : "J’ai été mis en examen hier, tenez-vous bien, pour avoir parlé de ‘fournée’. La justice comique aux ordres !" Son avocat a dénoncé des poursuites fondées sur des propos "volontairement tronqués" auxquels est attribuée une connotation qu'ils n'ont pas.

Le Parlement européen vote la levée de l'immunité Jean-Marie Le PenSource : Sujet JT LCI
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