Le mouvement de grève du mardi 18 octobre

Grève du 18 octobre : que peut faire le gouvernement pour augmenter les salaires ?

par Justine FAURE
Publié le 18 octobre 2022 à 14h09
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Ce mardi, des milliers de Français sont en grève pour réclamer une hausse des salaires.
Ces derniers mois, le gouvernement appelle les entreprises "qui le peuvent" à augmenter les rémunérations de leurs salariés.
Mais l'exécutif peut-il, et veut-il, être plus contraignant et l'imposer par la loi ?

Ils manifestent contre les réquisitions dans les raffineries, mais surtout pour une hausse des salaires. Ce mardi 18 octobre, des milliers de Français sont en grève pour réclamer de meilleures rémunérations, alors que l'inflation continue d'augmenter. Une revendication que le gouvernement soutient, en tout cas dans ses propos. "Il y a un problème de salaires. (…) Il faut qu'une partie du patronat puisse augmenter les salaires quand c'est possible", a réaffirmé le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin ce mardi sur RTL. Mais pourquoi l'exécutif ne fait-il rien de plus que d'appeler les entreprises à agir ?

Car les propos tenus ce matin par le locataire de Beauvau, les membres du gouvernement les répètent à l'envi depuis des mois. Notamment la Première ministre Elisabeth Borne et le ministre de l'Économie Bruno Le Maire. "Toutes les entreprises qui le peuvent doivent augmenter les salaires dans le contexte d'inflation", indiquait encore la cheffe du gouvernement mercredi dernier au Sénat lors des questions au gouvernement. "Ça fait maintenant des mois que je dis, matin, midi et soir, que toutes les entreprises qui le peuvent doivent augmenter les salaires", répétait son collègue le lendemain à la radio. Mais derrière, aucune mesure contraignante n'a été prise par le gouvernement pour les y pousser.

Le ministre de l'Économie s'en est déjà expliqué. "Il y a des entreprises qui ne le peuvent pas. Donc si vous passez une loi d'augmentation pour toutes les entreprises, il y a des TPE-PME touchées par l'inflation qui vont fermer leurs portes", avait-il déclaré en juillet dernier à l'Assemblée nationale pour se justifier de ne pas imposer par la loi une augmentation globale des salaires. Il repousse également l'idée de leur indexation sur l'inflation, comme le propose la gauche. 

Le gouvernement préfère favoriser le pouvoir d'achat

Toutefois, le gouvernement se défend de ne pas agir, mettant en avant les mesures prises pour "favoriser le pouvoir d'achat". "Nous préférons être responsables et offrir d'autres possibilités aux entreprises", continuait Bruno Le Maire en juillet dernier, citant "primes défiscalisées" comme la prime Macron, intéressement ou participation, "tous les instruments mis à leur disposition pour augmenter la rémunération de ceux qui travaillent"

Ce mardi, Gérald Darmanin a également estimé que "l'État a fait son travail" en augmentant "le salaire de ses employés, peut-être pas assez mais de manière très importante", référence à la hausse de 3,5% du point d'indice des fonctionnaires entrée en vigueur en juillet dernier, et que "le quoi qu'il en coûte était au rendez-vous". Le gouvernement fait souvent la promotion de son bouclier tarifaire pour contenir les prix de l'énergie et de ses mesures d'aide aux Français, là aussi pour favoriser le pouvoir d'achat, et non augmenter les salaires. 

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Aussi, l'exécutif se vante que le Smic ait augmenté ces derniers mois, de 8% en un an quand "l’inflation est de 6%", a tenu à préciser la Première ministre mercredi dernier au Sénat. Le Smic est en effet le seul salaire à être indexé sur les prix. Le Code du travail prévoit sa revalorisation automatique en cours d'année lorsque l'indice des prix à la consommation connaît une augmentation de plus de 2% par rapport à l'indice pris en compte lors de l'établissement de son dernier montant. Dans ce cas-là le Smic est alors augmenté automatiquement dans les mêmes proportions. 

"Naturellement, cette revalorisation du Smic doit conduire les branches à revoir leurs grilles salariales", avait ajouté Elisabeth Borne, qui pour augmenter les salaires en appelle donc, avant tout, au dialogue social et aux négociations salariales.


Justine FAURE

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