La présidence par intérim de Jordan Bardella, prévue le temps de la campagne présidentielle, devrait prendre fin en septembre.
Le maire RN de Perpignan Louis Aliot a annoncé mercredi qu'il pourrait être candidat.
Mais certains au sein du parti espèrent encore que Marine Le Pen se représente en 2027.

Le scrutin des législatives n'est pas encore achevé que la question de la présidence du Rassemblement national, elle, fait déjà son chemin au sein du parti. Son président par intérim, Jordan Bardella, assurera ses fonctions jusqu'en septembre 2022. Mais qu'adviendra-t-il ensuite ? Marine Le Pen n'a pas encore indiqué si elle reprendrait ou non les rênes de sa formation politique, après s'être mise en retrait le temps de mener campagne pour la présidentielle, dont elle avait été la finaliste malheureuse. Mais le poste serait déjà convoité par plusieurs autres membres. 

Dans les statuts du parti, adoptés l'an passé, le paragraphe de l'article 10 stipule que "le Président peut se mettre en disponibilité pendant un délai maximum de 12 mois en cas de candidature à l’élection présidentielle". Impossible donc de maintenir l'intérim de Jordan Bardella au-delà de l'automne. Si Marine Le Pen ne retrouve pas ses fonctions, une élection serait à envisager rapidement à la rentrée pour désigner un successeur. Un congrès serait organisé en octobre, et l'ancienne présidente pourrait siéger à nouveau à la tête du parti pendant quelques semaines.

Louis Aliot candidat potentiel, Jordan Bardella pressenti

Mais des inconnues entourent encore ce nom : "Normalement le président du parti est le candidat à la présidentielle. Compliqué, quand certains espèrent que Marine Le Pen soit candidate une quatrième fois", confie à TF1info une source interne au parti. La députée du Pas-de-Calais, désormais en campagne pour sa réélection aux législatives dans son fief d'Hénin-Beaumont, affirmait dans un entretien au Figaro mi-mai que "sauf évènement exceptionnel", elle ne se lancerait pas dans une nouvelle bataille pour l'Élysée. 

"Je pense que trois présidentielles, c’est déjà un parcours. Qui m’a permis de faire monter nos idées de 18% à 42%. Ce qui, en dix ans, est une belle dynamique", avait-elle affirmé. Quant à savoir qui se présentera à sa suite, "il est beaucoup trop tôt pour en parler", a-t-elle botté en touche, glissant seulement qu'elle souhaiterait "voir émerger une nouvelle élite". "Je ne suis pas sûr que ce soit le choix de Marine Le Pen au moment où nous nous parlons de redevenir présidente" du RN, indiquait déjà fin avril le porte-parole du parti Sébastien Chenu.

En attendant qu'elle se positionne, certains évoquent déjà une possible candidature pour lui succéder. Parmi eux, le maire RN de Perpignan, Louis Aliot. "Si Marine Le Pen ne reprend pas sa place, il y aura un congrès qui décidera d'une nouvelle présidence. (...) Il y aura certainement d'autres candidats, c'est normal, c'est la démocratie", a-t-il expliqué ce mercredi sur France Inter. Quant à savoir s'il se présentait lui-même, "on verra bien", a répondu l'ancien député, par ailleurs ex-compagnon de Marine Le Pen. 

En juin 2021, au moment de l'élection de Jordan Bardella, il affirmait déjà avoir "la légitimité et l’expérience" pour concourir au poste. Cette figure historique du parti, qu'il a rejoint en 1990 lorsqu'il portait encore le nom du Front national, correspondrait-il à la "nouvelle élite" qu'espère l'ancienne présidente ? Elle semble davantage vouloir compter sur son fidèle lieutenant de 26 ans, Jordan Bardella, pressenti pour être maintenu à ses fonctions. 

Interrogée sur la possibilité qu'il soit candidat à la présidentielle en 2027, Marine Le Pen répondait sur France Inter mi-mai : "Et pourquoi pas. Il en a en tout cas toutes les qualités". Des compliments repris une semaine plus tard par un autre porte-parole du parti, Laurent Jacobelli, sur Public Sénat : selon lui, Jordan Bardella ferait "un excellent candidat" pour le scrutin présidentiel, et il a montré par ailleurs qu'il avait "toutes les qualités requises pour être un bon président de parti"

De son côté, le dauphin de Marine Le Pen n'a pas explicité ses ambitions, mais il a tout de même affirmé cette semaine dans les colonnes du Monde être "parti pour dix ans" : "Quand on est lancé, tant qu’on ne va pas au bout, on ne peut pas arrêter", a-t-il déclaré. 


Maëlane Loaëc avec Julien Arnaud et Matthieu Desmoulins

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