Des élus du Rassemblement national de Bourgogne-Franche-Comté ont brandi jeudi 11 avril des pancartes "Violeurs étrangers dehors" durant la séance du conseil régional.
L'un d'eux aurait également prononcé un mot relevant d'une "expression empruntée au vocabulaire nazi".
La présidente de la région a annoncé son intention de porter plainte.

Des pancartes anti-immigrés en plein conseil régional. Des élus du Rassemblement national (RN) ont brandi jeudi 11 avril des pancartes anti-immigration en séance plénière du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. Dans la matinée, la séance a été brièvement interrompue au moment où des conseillers RN ont tenu à bout de bras des affiches avec le message "Violeurs étrangers dehors" en soutien à des militantes d'un collectif "féministe identitaire" de Besançon.

La présidente socialiste de la région, Marie-Guite Dufay, a annoncé son intention de porter plainte pour "incitation à la haine". "Il faut arrêter avec ces amalgames nauséabonds. Les affiches qui ont été brandies et les propos répétés associant immigrés et viols sont intolérables en tous lieux et encore plus dans une enceinte républicaine", a-t-elle déclaré. "J'ai donc décidé de saisir le procureur de la République. [...] J'ai également l'intention de déposer plainte pour incitation à la haine."

Une expression "inadéquate, inappropriée et très malheureuse"

Lors de la session du conseil régional, le président de groupe RN Julien Odoul, par ailleurs député et porte-parole du parti, a adressé son soutien à ces femmes au nom, selon lui, de la "liberté d'expression". C'est à ce moment que les conseillers RN ont brandi leurs pancartes, d'après la vidéotransmission de l'assemblée. 

Plus tard, Marie-Guite Dufay a dénoncé dans un communiqué l'usage par un de ces élus d'une "expression empruntée au vocabulaire nazi", le mot "Untermensch", "sous-homme" en allemand, au sein de l'hémicycle. Un terme utilisé par les nazis pour désigner les juifs ou les Russes par exemple. Dans un communiqué publié dans la soirée, l'élu RN Thomas Lutz a reconnu avoir prononcé ce mot, regrettant une utilisation "inadéquate, inappropriée et très malheureuse" afin de "qualifier le statut des élus de l'opposition""Il est bien évident qu'à aucun moment, je n'ai voulu faire un parallèle avec le martyr du peuple juif", s'est-il défendu.

Deux militantes du collectif Némésis ont brandi le message lu sur la pancarte du RN lors du carnaval de Besançon la semaine dernière, ce qui a entraîné un dépôt de plainte de la maire écologiste de la ville, Anne Vignot. L'une d'elles, âgée de 19 ans, a été placée en garde à vue mardi 9 avril pendant quelques heures, dans le cadre d'une enquête préliminaire pour "provocation à la haine ou à la violence à l'égard d'un groupe de personnes en raison de leur origine ou d'une prétendue race". 


I.N avec AFP

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