Crise à la police judiciaire : une réforme contestée

Réforme de la police judiciaire : les syndicats demandent à Darmanin des mesures "d'apaisement"

par Maxence GEVIN
Publié le 8 octobre 2022 à 23h09
JT Perso

Source : JT 20h WE

Les syndicats de police ont réclamé samedi au gouvernement des mesures "d'apaisement".
Cette sortie intervient dans un contexte particulièrement de fronde et de contestation des professionnels du secteur, au lendemain du limogeage du patron de la PJ de la zone Sud.

Enrayer l'hémorragie. Les syndicats de police ont demandé samedi au ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin des mesures "d'apaisement" face à la levée de boucliers suscitée par la réforme de la police judiciaire et par l'éviction du patron de la PJ de la zone Sud. "Cette réforme suscite le rejet : il faut donc stopper cette spirale qui risque de creuser un fossé inquiétant et déstructurant au sein de notre maison police", alertent Alliance, l'un des principaux syndicats de police, et l'Unsa, dans un communiqué commun. La "réforme suscite trop de questions sans réponse et son bien-fondé n'est pas établi", ajoutent les deux organisations.

Aménager "l'architecture" du projet actuel

Pour autant, les représentants de la police n'appellent pas (encore ?) au retrait du projet. Ainsi, ils réclament au gouvernement "une décision rapide d'apaisement", afin de "revenir sur un vrai terrain d'échanges" sur ce sujet. "Si réellement, le projet est amendable comme cela a été déclaré par le ministre lui-même, n'est-il pas temps de le démontrer", souligne, de son côté, Unité SGP Police, en disant "refuser l'architecture" du projet actuel.

De même, Synergie-Officiers demande à Gérald Darmanin et au directeur général de la police nationale (DGPN) Frédéric Veaux de "prendre sans délai des mesures d'apaisement". Le syndicat appelle à opter pour un "niveau zonal" de direction pour la PJ et "certainement pas départemental" comme le prévoit actuellement la réforme.

En outre, Alliance, Synergie et l'Unsa, réunis depuis quelques semaines au sein d'un même "bloc" syndical en vue des élections professionnelles à la fin de l'année, réitèrent leur demande d'un "moratoire", déjà réclamé début septembre.

Pour rappel, le projet de réforme prévoit de placer tous les services de police à l'échelle du département - renseignement, sécurité publique, police aux frontières (PAF) et police judiciaire (PJ) - sous l'autorité d'un seul Directeur départemental de la police nationale (DDPN), dépendant du préfet.

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L'éviction, vendredi, d'Eric Arella, le patron de la police judiciaire pour le sud de la France, a suscité l'indignation dans les rangs de la prestigieuse PJ et dans le monde judiciaire. Des rassemblements ont eu lieu "dans plus de 40 villes" français, a relevé l'Association nationale de la police judiciaire (ANPJ). "Ce grand patron, à la carrière et au parcours exemplaires, était unanimement reconnu et apprécié de ses effectifs, des magistrats et des cadres de la police judiciaire", fustige-t-elle, dénonçant des "méthodes autoritaristes". Cette décision a attisé les braises d'une contestation qui dure depuis plusieurs mois. 


Maxence GEVIN

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