Réforme des retraites : "Je ne voterais pas ce texte si j'étais parlementaire", lance Xavier Bertrand sur LCI

par Maëlane LOAËC
Publié le 25 janvier 2023 à 10h01

Source : TF1 Info

Invité de l'Interview Politique sur LCI ce mercredi, le président LR de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, estime que reculer l'âge de départ à la retraite est "indispensable", mais que le texte manque pour l'heure "de justice".
Il a reconnu une "divergence" avec la direction de son parti, affirmant qu'il "ne suffit pas seulement de dire oui à cette réforme".

Si l'exécutif assure pouvoir compter sur les députés des Républicains pour porter sa réforme, au sein du parti de droite, des voix discordantes se font pourtant entendre. Parmi elles, celle de Xavier Bertrand : s'il assure que le recul de l'âge de départ à 64 ans est "indispensable", le président de la région Hauts-de-France estime qu'en l'état, le texte du gouvernement "a oublié la justice". "Aujourd'hui, je ne voterais pas ce texte si j'étais parlementaire", a-t-il argué sur LCI, ce mercredi 25 janvier, invité de l'Interview Politique. Et de poser "trois conditions" pour le convaincre, au sujet des carrières longues, des régimes spéciaux et de la situation des femmes.

"La réforme des retraites est indispensable, j'ai toujours plaidé pour dire que si l'on vit plus longtemps, il faut travailler plus longtemps, deux années de plus", a lancé l'élu. "Mais je disais qu'il fallait en même temps un maximum de justice, or là, la réforme est avant tout comptable et elle a oublié la justice", a-t-il critiqué.

"Il faut y mettre de la justice"

Affirmant que désormais "la balle est dans le camp du gouvernement", Xavier Bertrand a posé "trois conditions" pour qu'il puisse changer d'avis. "Ceux qui ont commencé à travailler entre 18 ans et 20 ans, ce ne sera pas 43 années (de cotisation, ndlr) comme l'avait dit Madame Borne, mais 44 années. Mais pourquoi feraient-ils un an de plus ? Je demande au gouvernement de revenir sur cette disposition en disant qu'avec 43 années de cotisation, vous partez à taux plein", a-t-il tout d'abord argué. 

"À la fin de cette décennie, il faut qu'on en ait terminé avec les régimes spéciaux" pour "apporter des économies", a ajouté le président de région, rejetant la proposition du gouvernement de mettre fin à ces régimes pour les nouveaux entrants. Enfin, sur la question des femmes, "aujourd'hui trop de femmes ne partent pas à la retraite à 62 ans, elles ne partiront pas à 64 ans, elles partiront à 67 ans", a-t-il fustigé. Et de citer la situation des cotisantes aux "carrières fractionnées", qui ont élevé leurs enfants des années durant : "nous devons valider des trimestres pour qu'elles puissent partir à 65 ans au lieu de 67 ans".

"Beaucoup de parlementaires, chez les LR mais pas seulement, ne sont pas prêts à voter ce texte si ces conditions de justice ne sont pas respectées", a insisté l'élu. À ce propos, il a reconnu "une divergence" avec le président de son parti, Eric Ciotti, qui avait assuré, au moment de la présentation de la réforme, que les députés de sa formation étaient prêts à la voter. "Il ne suffit pas seulement de dire oui à cette réforme, pour moi il faut y mettre de la justice", a-t-il martelé, appelant notamment à défendre les classes moyennes.

Pour autant, Xavier Bertrand s'est montré très sceptique face à la mobilisation de certains syndicats, après que la CGT-Cheminots et Sud-Rail ont annoncé une grève les 7 et 8 février, mouvement potentiellement reconductible à partir de la mi-février. "Le droit de grève est constitutionnel, d'accord, mais les abus et les excès du droit de grève, ce n'est pas possible de les tolérer", a-t-il tonné, estimant que "cibler à chaque fois les vacances pour bloquer les Français, évidemment que c'est un abus". "La CGT défend la CGT, elle ne s'occupe pas de l'intérêt général des Français", a-t-il par ailleurs jugé.


Maëlane LOAËC

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