L'examen de la réforme des retraites à l'Assemblée nationale a révélé les divergences qui couvent depuis plusieurs mois au sein de la Nupes.
Alors que La France insoumise a refusé de retirer ses amendements pour discuter du cœur du texte, ses alliés continuent de lui reprocher une attitude individualiste et autoritaire.
"Je pense qu'il y a une différence entre LFI et la Nupes", a concédé la députée écologiste Sandrine Rousseau ce lundi.

La bataille contre la réforme des retraites laissera des séquelles au sein de la Nupes. Trois jours après la fin de l'examen du texte à l'Assemblée nationale, l'attitude de La France insoumise est largement critiquée par les écologistes, les socialistes et les communistes. Ils ne digèrent pas leur refus de retirer des milliers d'amendements qui auraient permis de mener les discussions jusqu'à l'article 7 repoussant l'âge légal de départ à 64 ans, cœur du texte, et dénoncent un comportement solitaire et autoritaire. 

Si les groupes EELV, PS et PCF ont retiré les amendements qui précédaient l'article clé, LFI n'a pas opté pour la même stratégie, notamment sous la pression de Jean-Luc Mélenchon, qui a été largement critiqué pour cela ce week-end, en premier lieu par le leader de la CGT Philippe Martinez. Alors que les députés ne siègent pas cette semaine et que le projet de loi du gouvernement sera examiné au Sénat ces prochaines semaines, des membres de la Nupes réclament une mise à plat de leur stratégie et de nouvelles manières d'agir.

Ils ont voulu s'imposer dans le débat, et je pense que ce n'était pas le moment."
Sandrine Rousseau

Ce lundi sur Public Sénat, la députée écologiste Sandrine Rousseau a estimé que ces dernières semaines signaient "la fin d'acte I de la Nupes qui a fonctionné jusqu'à présent, issu de l'élection présidentielle" et que devait s'ouvrir l'"acte II, qui doit être fait au sein de l'Assemblée". Elle a notamment évoqué la création d'une "coordination qui prenne des décisions, quelque chose de plus clair et démocratique". "Je pense qu'il y a une différence entre LFI et la Nupes", a-t-elle ajouté, regrettant qu'il y ait chez ses alliés "une volonté de s'imposer"

"Ils ont voulu s'imposer dans le débat, et je pense que ce n'était pas le moment. (...) Ils savent que nous n'étions pas sur la même ligne et ils ont décidé de faire cela. Très bien, c'est leur stratégie, je la respecte aussi, mais je dis que ce n'est pas la bonne", a poursuivi l'élue de Paris. "Je ne suis pas certaine qu'on puisse mener un combat aussi important que celui des retraites en étant sur une stratégie qui soit isolée."

Vendredi, la cheffe des députés écologistes Cyrielle Chatelain avait estimé que "la Nupes, ça fonctionne quand on travaille de manière concertée". "Chacun des partis de la Nupes est indispensable mais, pour que ça fonctionne, il faut respecter aussi l'ensemble."

Fabien Roussel ne veut pas accentuer les divisions

"Beaucoup de choses (...) laissent des traces", c’est pour cela que "le PS doit absolument tout faire pour reprendre une place centrale dans cette union de la gauche", a également affirmé le sénateur socialiste David Assouline sur franceinfo, estimant qu'on "ne peut pas être unis derrière Jean-Luc Mélenchon qui entraîne la gauche dans une impasse totale".

Pourtant premier à critiquer la Nupes depuis sa création, le communiste Fabien Roussel a dit dimanche sur France 3 ne pas souhaiter rajouter "une pièce dans la machine à diviser", mais a appelé à prendre exemple sur l'union affichée par l'intersyndicale dans le combat contre la réforme des retraites. "Nous avons des différences, des désaccords", a-t-il concédé, avouant regretter le "pas de côté qui a été fait par quelques députés insoumis" dans la volonté d'unité. 


Justine FAURE

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