Vous ne comprenez rien à la réforme des retraites ? On vous explique

Publié le 10 janvier 2023 à 12h09, mis à jour le 10 janvier 2023 à 12h40

Source : JT 13h Semaine

La Première ministre Elisabeth Borne doit présenter ce mardi 10 janvier la réforme des retraites promise par Emmanuel Macron.
Pourquoi le gouvernement veut-il réformer le régime des retraites ? Qui serait concerné ? TF1info vous explique.

L'un des points chauds de la campagne présidentielle 2022 revient au cœur du débat. Ce mardi (17h30 sur LCI), la Première ministre Elisabeth Borne doit présenter la réforme des retraites promise par Emmanuel Macron avant sa réélection. Un sujet sensible, qui suscite la fronde des syndicats et d'une partie de la classe politique, jugé pourtant indispensable par l'exécutif.

Pourquoi le gouvernement veut-il réformer les retraites ?

Emmanuel Macron avait annoncé dès 2017 vouloir s'attaquer au régime des retraites, mais sa réforme par points avait été stoppée par la crise du Covid-19. Depuis, le chef de l'État a changé ses plans, mais considère toujours une modification du régime comme une "urgence". Avec un appui : le dernier rapport du Conseil d'orientation des retraites (COR), qui fait référence.

Selon ce document, "le système de retraite serait en moyenne déficitaire sur les 25 prochaines années", en raison de "l'inéluctable vieillissement de la population". "Pour chaque Français de 65 ans et plus, on en dénombre actuellement 2,6 âgés de 20 à 64 ans ; ils ne seront plus que 2,25 en 2030, moins de 2 en 2040", alors que ce sont ces derniers qui financent les pensions des retraités, explique le COR. L'instance souligne toutefois que ces résultats "ne valident pas le bien-fondé des discours qui mettent en avant l'idée d'une dynamique non contrôlée des dépenses de retraite".

Si les comptes du régime des retraites restent dans le vert depuis deux ans, ils pourraient afficher une perte dès cette année, avertit le gouvernement, et même jusqu'à 12,4 milliards d'euros de déficit à la fin du quinquennat, en 2027. "C'est la réforme ou la faillite", résume le ministre des Comptes publics, Gabriel Attal, dans les colonnes du JDD. "Si on ne la fait pas, on laisse le système de retraite par répartition en danger", assurait en décembre Emmanuel Macron sur TF1.

Tout le monde ne partage cependant pas ce constat, et notamment une partie de l'opposition. "Le système des retraites n'est pas en danger", conteste le député insoumis Alexis Corbière ce mardi sur LCI. "À l'heure où nous parlons, il est encore excédentaire."

Qui serait concerné par la réforme ?

Pour afficher un régime des retraites à l'équilibre à moyen et long terme, plusieurs options s'offrent au gouvernement, dont celles de revoir à la baisse le niveau des pensions, ou à la hausse celui des cotisations. Deux hypothèses écartées par l'exécutif, qui privilégie un report de l'âge légal : en travaillant plus longtemps, les salariés passeront plus de temps à cotiser, et moins à toucher leur pension, soit une économie pour les finances publiques. Selon le gouvernement, si l'âge légal est repoussé à 64 ou 65 ans (contre 62 actuellement), cela permettrait d'améliorer le solde du régime de 18 à 19 milliards d'euros à l'horizon 2030.

Ce report s'annonce progressif, n'a cessé de promettre Emmanuel Macron depuis un an. Durant la campagne présidentielle, le chef de l'État a proposé un report de l'âge légal de quatre mois par an jusqu'en 2031, et ce, à compter du 1er octobre 2023, soit la génération 1961. D'autres options se sont depuis invitées à la table des négociations, dans un contexte de fronde unanime : tous les dirigeants des grands syndicats ont fait valoir leur opposition à une mesure d'âge, y compris la CFDT, qui refuse tout "compromis" avec le gouvernement sur ce point. Tous privilégient d'autres sources de financement, comme une hausse des cotisations.

Durée de cotisation, montant des pensions... Les éléments à préciser

Outre l'âge légal, Elisabeth Borne doit encore éclaircir de nombreux points. Parmi eux, la durée de cotisation. Actuellement, 42 années pleines de travail sont nécessaires pour bénéficier d'une retraite à taux plein, 43 à horizon 2035 depuis la réforme Touraine votée en 2014. Cette date pourrait être bousculée et raccourcie. Reste aussi à déterminer le sort des régimes spéciaux, comme ceux de la RATP ou de l'énergie, qui pourraient s'éteindre progressivement selon le principe de la "clause du grand-père" (seuls les nouveaux entrants sont concernés).

En dehors de ces efforts supplémentaires demandés aux Français, le gouvernement entend aussi permettre des avancées. Les petites pensions devraient ainsi être augmentées, avec la promesse d'une retraite minimale à 85% du Smic pour une carrière complète. L'exécutif doit encore confirmer si cette hausse des pensions concernera tous les retraités, ou uniquement ceux qui termineront leur carrière une fois la réforme entrée en vigueur.

Un dispositif "carrières longues" doit également voir le jour, afin de permettre aux salariés ayant cotisé avant leurs 20 ans de partir avant l'âge légal. Les critères de pénibilité doivent enfin être éclaircis, tout comme le cumul emploi-retraite, qui pourrait être intégré au calcul de la pension.


Idèr NABILI

Tout
TF1 Info